Les talons ont parcouru les genres, les âges et les usages. Ils ont été adulés puis dénigrés, pour revenir de plus belle dans les dressings. Découvrons ensemble son histoire !

Les talons ont une longue histoire, et ce, dès l’Antiquité ! Ils ont suscité un grand engouement, notamment chez les hommes. Mais les talons ont-ils mené vers une guerre des pouvoirs et des genres ?

Un peu d’histoire

En Egypte Ancienne, les talons auraient été portés initialement par des hommes, comme chaussures de travail. Les bouchers en portaient notamment afin de ne pas se salir les pieds avec le sang.

Au Moyen-Age, les prémisses des talons hauts prennent la forme des sabots. Dès lors, les aristocrates s’en emparent et les sabots deviennent un signe distinctif de richesse. Afin d’afficher pouvoir et supériorité de classe, ces chopines se réhaussent : elles peuvent atteindre parfois 60 centimètres.

Chaussure d'un jeune noble au 17ème siècle. © Ron Wood / Collection of the Bata Shoe Museum (Toronto, Canada)
Chaussure d’un jeune noble au 17ème siècle. © Ron Wood / Collection of the Bata Shoe Museum (Toronto, Canada)

Le travail de la chaussure au fil du temps permettra de créer le premier talon actuel : on creuse la plateforme au niveau de la plante des pieds et le devant du sabot est rabaissé. C’est Catherine de Médicis qui en fera une première tendance, en important sa première paire d’Italie.

La notion de sensualité autour du talon apparaît avec Louis XIV : le talon met en valeur le mollet des hommes, partie du corps alors considérée comme très sensuelle. Dès lors, le talon prend une fonction de séduction mais aussi d’appropriation du pouvoir.

L’héritage (maudit ?) des femmes

Pourquoi donc les femmes se voient attribuer l’unique usage des talons hauts ?

Post Révolution Française, les hommes bourgeois travaillent et veulent des vêtements plus pratiques. Ils s’approprient donc des vêtements et accessoires plus adaptés et en délaissent ceux  impropres au travail… dont les talons.

Les femmes, quant à elles, ne travaillent pas. On leur attribue un rôle d’apparat lors des mondanités et des représentations sociales : avec le corset, les talons s’imposent. Le 18ème siècle sonne l’usage unique des talons aux femmes.

Au début du 20ème siècle, l’usage des talons se perd : les femmes s’occupant des foyers lors des guerres, les talons perdent de leur utilité et deviennent futiles. L’arrivée du talon aiguille au milieu du 20ème siècle relance la mode du talon.

Le talon haut, objet de fétichisme ou objet de pouvoir ?

Les talons, à l’origine mixte, ont finalement été imposés aux femmes au fil de l’Histoire :  diversité des modes, codes sociaux, praticité… Il est aujourd’hui perçu différemment :

  • C’est un objet lié au fétichisme pour certain.es, au désir et à la sensualité. Il est porté pour plaire et susciter du désir.
  • C’est un objet de pouvoir également : il permet à la femme d’asseoir son statut social. La taille s’associe volontiers à la réussite sociale et professionnelle, selon cette étude.
  • C’est aussi un objet et accessoire de mode que les hommes et les femmes se réapproprient.
Chaussure féminine à talon haut.
Chaussure féminine à talon haut.

Le talon est un objet pluriel, aux usages divers à travers les époques.

Petite anecdote : il existe même des talons spécifiques pour la course, on les appelle les Stiletto Races.

Alors le talon : guerre de pouvoir et des genres ? Certainement avant… Aujourd’hui, femmes et hommes se le sont réappropriés. Chaque usage leur est propre : pur accessoire de mode, volonté de séduction, ou simple plaisir de le porter. Le talon est décidément dans les dressings pour encore un moment !

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Par  Pauline Eyherabide ,

Rédactrice web SEO curieuse et passionnée, j’accompagne des projets flamboyants dans l'écriture de leur histoire sur le web. Grande défenseure de la culture vivante, je suis convaincue qu’elle permet de s’ouvrir sur le monde, de rendre la vie des hommes plus belle et de révéler la beauté là où elle n’est pas évidente.

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