Autodidacte, SWeb joue avec les techniques et les formats pour rendre l’Art accessible partout. Entretien avec un artiste généreux à l’univers coloré et engagé.

Si vous suivez régulièrement Cultur’easy, vous avez sans doute déjà aperçu son travail. Cheminot le jour, artiste la nuit, SWeb est le premier ambassadeur de la start-up culturelle. Depuis son atelier de Vélizy-Villacoublay, en région parisienne, il produit des œuvres aux couleurs vives qui interrogent le monde contemporain. Premiers pas créatifs, expos et inspirations : rencontrez un artiste authentique et passionné !

J’aimerais éveiller la conscience des gens. 

SWeb
SWeb en atelier / Tous Droits Réservés ©SWeb
SWeb en atelier / Tous Droits Réservés ©SWeb

Comment Sébastien est devenu SWeb ?

J’ai commencé à pratiquer il y a 20 ans, après une rencontre amoureuse. Je créais des collages à base de papiers, recyclés, ou cartonnés. C’était un travail de récupération et d’introspection en même temps. Ce que je réalisais, je l’ai gardé pour moi pendant 2 ou 3 ans. Puis, j’ai commencé à les montrer à d’autres personnes. Finalement, j’ai exposé mon travail dans une galerie, il y a 13 ans environ.

Ensuite, j’ai fondé une famille, j’ai eu deux garçons. C’est devenu ma priorité. J’ai laissé l’art de côté par manque de temps, par manque de place aussi. J’ai redémarré mon activité artistique il y a 3 ans, à peu près, avec une nouvelle approche. Aujourd’hui, je ne passe plus une journée sans avoir les mains sales !

Série de portraits réalisés par SWeb / Tous Droits Réservés ©SWeb
Série de portraits réalisés par SWeb / Tous Droits Réservés ©SWeb

Tu peux nous en dire plus sur ta technique ?

Je commence par travailler une photo à l’ordinateur. Ensuite, ça dépend du projet. Si c’est pour un petit format, j’imprime chez moi, sur du papier de soie. Sinon, je passe par un imprimeur. Ensuite, je prépare la toile. Je colle l’image à l’envers, et je retire les différentes couches de papier pour ne garder que la trace de l’encre. Réaliser le transfert me prend à peu près trois jours. Puis, je rehausse l’image avec des feutres Posca et de l’aquarelle. À la fin, je peaufine avec ce qui me vient : bombe aérosol, feuille d’or… Ça dépend de l’inspiration du moment… Je ne suis pas dessinateur, je suis plutôt un magicien de la matière.

 Tous Droits Réservés ©SWeb
Tous Droits Réservés ©SWeb

Il y a un symbole qui revient dans chacune de tes réalisations…

Oui, ce sont trois triangles blancs, regroupés ensemble. Celui qui est vide, tout en haut, me représente. Les deux triangles remplis, ce sont mes fils. Intégrer ce signe dans toutes mes réalisations, c’est une façon de les avoir toujours avec moi. D’ailleurs, je me le suis fait tatouer.

Symbole de SWeb
Symbole de SWeb

J’avoue qu’en voyant ces triangles, j’ai pensé à la couronne de Basquiat. C’est une source d’inspiration pour toi ?

Au début, oui, je me suis intéressé à lui et à Andy Warhol. Lorsque j’ai recommencé à pratiquer, je me suis orienté vers le Pop Art. J’ai repris certains de ses codes, comme les couleurs vives, les photos de célébrités. Mais aujourd’hui, ma première source d’inspiration, c’est moi. Mon travail se base beaucoup sur ma vie personnelle. Je travaille sur des figures que j’ai aimé lire, regarder, écouter.

Je regarde aussi ce qui se passe dans le monde, l’actualité sociale, la politique. L’art me sert à faire passer des messages. Je ne suis pas le mouton de service. Ça se retrouve dans mes petits formats, que j’accompagne d’une citation, ou d’une phrase qui me vient. Une que j’aime beaucoup, c’est « Ne suis pas la route, crée-la. »

En plus des toiles, tu crées aussi en extérieur…

Oui, j’ai aussi besoin de sortir de mon atelier. Je fais du Land Art dans la forêt de Versailles, près de chez moi. Les gens sont intrigués, ils te posent des questions. Ce sont des moments riches d’échanges. C’est pareil pour le Street Art, l’adrénaline en plus. Parfois, je croise des policiers – une œuvre, même éphémère, ça reste une forme de dégradation. Mais je leur explique et il n’y a pas de problème. Pour l’instant, j’ai fait 4 sorties sur Paris. Je travaille sur des formats plus grands que d’habitude. On est sur du 3 m de haut et du 2 m 50 de large. Je colle, j’attends que ça sèche, puis je peins par-dessus. Toute la journée, je reste sur place. Je prends le temps d’expliquer ce que je fais. Tout ça, c’est gratuit, je veux juste donner du plaisir aux gens.

Portrait de Jacques Brel sur un tronc d’arbre / Tous Droits Réservés ©SWeb
Portrait de Jacques Brel sur un tronc d’arbre / Tous Droits Réservés ©SWeb

Il y a quelques mois, tu es devenu le premier Ambassadeur Cultur’easy. Comment s’est fait votre collaboration ?

L’équipe de Cultur’easy m’a découvert sur Instagram. C’était peu de temps après le premier confinement, en 2020. J’avais besoin de sortir, je suis allé dans les bois et j’ai réalisé une quinzaine d’œuvres. Ce que je faisais leur a plu et ils m’ont contacté. Je suis très fier d’être devenu l’un de leurs ambassadeurs. La Culture, c’est ce qui fait vivre les gens, ce qui ouvre les esprits. J’ai pas mal de projets avec eux pour la suite. On a commencé à travailler sur une ligne textile, par exemple. Je vais aussi participer à des festivals qu’ils organisent, comme à Bar-le-Duc très prochainement. Ça me donne de nouveaux objectifs pour continuer à m’investir. Tout ça, c’est de la passion.

Cette année, tu as connu d’autres temps forts…

Love is Life, l’une de mes œuvres, a été prise en photo par Nikos Aliagas. Elle figure dans son exposition, Parisiennes, sur les grilles de l’hôtel de ville de Paris. Ensuite, j’ai exposé mon travail chez un fleuriste de Dainville, près d’Arras. Amener l’Art dans des endroits accessibles, démocratiser la Culture, c’est ce qui me passionne. J’ai aussi réalisé ma première vente aux enchères chez Drouot. Aujourd’hui, on n’achète pas l’Art comme une paire de baskets. Ce genre d’événement, c’est l’occasion de connaître un peu ta cote. C’est aussi une forme de reconnaissance pour le travail accompli. À mon niveau, j’espère toucher les gens, participer à éveiller leur conscience.

Love is Life figure dans l’exposition Parisiennes, affichée à l’hôtel de ville de Paris/ Tous Droits Réservés ©SWeb
Love is Life figure dans l’exposition Parisiennes, affichée à l’hôtel de ville de Paris/ Tous Droits Réservés ©SWeb

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Propos recueillis par Gwennaelle Massart,

Passionnée de littérature, d’art et d’Histoire, j’ai grandi au milieu des livres avant d’entamer des études de Lettres. Depuis, je suis devenue rédactrice web SEO freelance pour vivre mes propres aventures. Dans mes articles, je voyage à travers l’espace et le temps pour partager avec vous mes découvertes culturelles. On y va ?

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