La fermeture obligatoire des lieux culturels et sportifs suite à la crise du COVID 19 a mis en lumière l’importance du sport et de la culture dans notre quotidien. Cela nous rappelle qu’il s’agit de deux secteurs intimement liés, indispensables d’un point de vue économique. Et pas seulement : sport et culture apportent aussi bien être psychologique et physique aux hommes. Cet article vous explique en quoi le sport est une culture à part entière partagée par toutes les civilisations à la surface du globe et ce dès l’apparition des peuples primitifs.

 Le sport, une pratique mondiale ancrée dans nos cultures depuis les premiers peuples

Dans le monde, on ne connaît pas un seul pays qui ne pratique pas de sport. C’est dire à quel point le sport est universel. Le sport est un moyen de dépassement physique et d’affirmation culturelle, qu’on peut autant retrouver chez les aborigènes avec l’émergence de grands joueurs de rugby comme Mal Meninga qu’au sein de pays d’Asie du Sud Est (Thaïlande, Laos et Malaisie etc) pratiquant le Sepak Takraw, un sport de groupe typique encore inconnu dans les pays occidentaux. Chaque culture a son sport de prédilection.  Le Cricket nait en Angleterre, le Basketball en Amérique. Bien qu’avec la globalisation, les sports se soient mondialisés et ne soient plus circonscrits qu’à une seule culture.

Mal Meninga pendant un match de rugby
Mal Meninga pendant un match de rugby

Le sport est donc un enjeu global : en Europe, chaque année, la semaine européenne du sport est à l’origine d’initiatives intéressantes et de rencontres sportives à travers toute l’Europe.

Le philosophe Socrate montre en ces termes que le sport est indispensable pour atteindre un équilibre :

Aucun citoyen n’a le droit de rester un amateur face à l’entraînement. Quelle disgrâce pour un homme de devenir vieux sans jamais avoir vu la beauté et la force complète de son corps.

Une citation emblématique de l’état d’esprit des philosophes antiques qui encourageaient la pratique sportive. 

Le sport, une ancre dans les habitudes des citoyens

La médecine antique met déjà en avant l’importance de l’exercice physique en tant que moyen pour entretenir son corps et sa santé. L’éducation intellectuelle et spirituelle est donc tout aussi importante que l’éducation physique. Pratique physique collective et individuelle variée : de la course en passant par la lutte dans des arènes ou encore le lancer de disque et le pentathlon, le sport a aussi un rôle politique et social au point que l’athlète est érigé en modèle de perfection et de performance pour les autres citoyens.

Scène de lutte en Grèce antique
Scène de lutte

Le rayonnement des cités se jouait lors de grandes rencontres entre cités grecques, ancêtres des Jeux Olympiques de Pierre de Coubertin. En France, le sport devient un loisir à part entière au 19ème siècle et s’ouvre peu à peu aux classes moins favorisées. Et dès la fin du 19ème siècle, Paul Bert met en place des cours de sport obligatoires dans les écoles de garçons, signe que le sport s’implante durablement et s’institutionnalise progressivement.

Naissance du sport loisir
Naissance du sport loisir

Sociologie des pratiques sportives des Français

D’un point de vue sanitaire, le sport a encore montré son omniprésence :  le COVID 19 ne nous a pas empêché de pratiquer notre jogging autorisé par le gouvernement ou de suivre un large choix de cours de sports en ligne afin de maintenir une forme physique mise à mal en cette période de sédentarité forcée. Un gouvernement qui n’a pas attendu le COVID pour promouvoir le sport à l’échelle nationale : la Stratégie Nationale Sport Santé développée par le ministère depuis 2019, agit sur plusieurs axes de développement de la pratique sportive, auprès des enfants, en entreprise et pour les personnes atteintes de maladie chronique et d’handicaps.

Campagne lors de la semaine européenne du sport
Campagne lors de la semaine européenne du sport

Des maisons sport-santé en plein essor réunissent professionnels de la santé et du sport. Plusieurs associations encouragent également la pratique sportive : Mohamed Barrie de l’association Essor 93, éducateur sportif depuis 20 ans, montre que sport et culture ne font qu’un. Sport et culture sont sources de nombreux apports d’un point de vue physique, intellectuel et social :

Être impliqué dans le sport et la culture apporte un bien- être physique mais pas seulement. Les bienfaits mentaux sont tout aussi importants. Les expériences acquises au travers de l’exercice d’une activité sportive permettent une aisance dans la formation et l’insertion professionnelle.

Dans l’hexagone, le secteur du sport connaît une croissance notable depuis 20 ans : les employés doivent s’adapter à un milieu en mutation et à l’émergence de nouveaux métiers.

Le sport est pratiqué par toutes les couches sociales, les âges et les genres

Le Centre d’Observation de la Société, en 2019, statue qu’un tiers de femmes et d’hommes ont une activité sportive régulière. D’après l’INSEE, il y a tout de même des différenciations entre sportifs. Les garçons de 16 à 24 ans seraient un peu plus sportifs que les femmes de la même tranche d’âge. Un écart qui tend à diminuer avec la féminisation des pratiques sportives. Et Les filles et garçons ne vont pas pratiquer les mêmes sports. Un constat à l’image des stéréotypes de genres tout de même de moins en moins prégnants dans notre société. Quand les filles ont tendance à pratiquer la gymnastique par exemple, les hommes se dirigent davantage vers le cyclisme.

Le sport, un formidable vecteur culturel et artistique

Le sport est aussi une source d’inspiration inépuisable pour les artistes. En littérature, en art et même en architecture et en design des équipements…

A Paris, des terrains de sport au design et à l’architecture insolite se multiplient. Depuis 2015, le playground Duperré est relooké à deux reprises : par Ill-Studio et ensuite par Nike. Ce terrain de basket, multicolore et inspiré du street-art, a fait le tour d’Instagram.

Le playground Duperré (Paris 9ème)
Le playground Duperré (Paris 9ème)

En littérature, on peut citer Albert Camus passionné de football :

Pour moi, je n’ai connu que le sport d’équipe, au temps de ma jeunesse, cette sensation puissante d’espoir et de solidarité qui accompagne les longues journées d’entraînement jusqu’au jour du match victorieux ou perdu. Vraiment le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités.

Albert Camus jeune au sein de son équipe de football
Albert Camus jeune au sein de son équipe de football

Ancien footballeur, il a intégré le Racing Universitaire Algérois (RUA) en 1929. Marcel Rufo, dans Passeurs de Rugby rend hommage au rugby d’avant. Jean Giraudoux, écrivain du 20ème siècle portait aussi le sport dans son cœur :

Maillots de course : seuls souvenirs de la jeunesse qu’on retrouve plus éclatants qu’on ne les imaginait.

Plusieurs photographes ont immortalisé des scènes sportives mémorables

Dave Black est l’un des photographes sportifs contemporains les plus connus. Il a participé à un tas d’événements sportifs dont le Kentucky Derby et à plus de 10 Jeux Olympiques.

Dave Black, photographe sportif

Au début du 20ème siècle, Hi Peskin est un pionnier de la photographie sportive. Plusieurs de ses clichés sont célèbres dont la photo du boxer Carmen Basilio après sa victoire face à Tony DeMarco en 1955.

Travail photographique de Hi Peskin

Les peintres du courant du cubisme et du futurisme ont su puiser dans l’esthétique du mouvement. Ils la font rejaillir dans des scènes sportives dynamiques. C’est le cas de Jean Metzinger qui peint, en 1912, une toile géométrique : Au Vélodrome, représentation d’un cycliste qui n’est autre que  Charles Crupelandt, gagnant de la course cycliste Paris-Roubaix, en plein effort.

Jean Metzinger, 1912, At the Cycle-Race Track (Au Vélodrome), oil and sand on canvas, 130.4 cm × 97.1 cm (51.3 in × 38.2 in) The Solomon R. Guggenheim Foundation, Peggy Guggenheim Collection, Venice
Jean Metzinger, 1912, At the Cycle-Race Track (Au Vélodrome), oil and sand on canvas, 130.4 cm × 97.1 cm (51.3 in × 38.2 in) The Solomon R. Guggenheim Foundation, Peggy Guggenheim Collection, Venice

Le sport n’est pas l’apanage de nos sociétés modernes

Cet article montre bien que la culture du sport est ancrée dans nos habitudes depuis très longtemps. Le sport apporte bienfaits moraux et intellectuels et il s’agit aussi d’un marqueur social important. Cela permet d’acquérir des bénéfices dans bien d’autres domaines. La pratique sportive et la culture du sport n’est pas un remède miracle. Elle nous pousse à trouver notre place dans la société. De plus en plus tournée vers la performance, gare à justement ne pas tomber dans ses travers. L’humain augmenté et le recours au dopage technique dénaturerait cette culture du sport qui s’est mise en place progressivement et durablement.

Par Audrey Poussines,

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Journaliste web et print passionnée par les faits de société, la culture, l'environnement, le sport et bien d'autres rubriques. En matière de sport, je suis très intéressée par les sports extrêmes. Je suis aussi une fan d'art urbain et d'art moderne, de gastronomie du terroir et exotique, captivée par tout moyen d'expression : danse, littérature, musique...

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