Dans la Haute Vallée de l’Aude, Rennes-le-Château et son célèbre curé, l’Abbé Saunière, sont entourés de mystères. Le curé aurait-il trouvé à la fin du XIXe siècle un trésor exceptionnel ?

Comment a-t-il pu financer les nombreuses constructions qu’il a réalisé dans le village ? Cette histoire locale est aujourd’hui devenue un mythe à portée internationale ! De nombreux journalistes, écrivains et historiens se sont penchés sur cette énigme sans jamais réussir à percer tous les secrets. Je vous propose de partir à la découverte de cette histoire. Celle à laquelle la municipalité de Rennes-le-Château a consacré un musée, le Musée Domaine de l’Abbé Saunière.

L’arrivée de l’Abbé Saunière à Rennes-le-Château

Originaire de l’Aude, il entre au Grand Séminaire de Carcassonne en 1874. Il y apprend le latin, le grec et quelques notions d’hébreu. Bérenger Saunière fait preuve d’un esprit jugé trop indépendant. Il est ainsi nommé en 1895, à l’âge de 33 ans, à la cure de Rennes-le-Château, un petit village très isolé de 200 habitants dans l’Aude. L’église Marie Madeleine du XIIe siècle y est complètement délabré et le presbytère inhabitable ! Rapidement, l’Abbé Saunière commence les travaux de réfection les plus urgents avec vraisemblablement les dons de paroissiens et de ses connaissances extérieures.

Portrait de l’Abbé Saunière © Musée Domaine de l’Abbé Saunière

Des prises de position contestées

Dès le départ, pendant ses homélies, l’Abbé Saunière n’hésite pas à faire part de ses convictions royalistes légitimistes (en faveur des Bourbons) et à diaboliser la jeune République. Cela lui vaut une suspension de six mois par le ministre des Cultes, l’expression des opinions politiques étant interdites pendant les sermons. A cette même période, l’Abbé Saunière choque certains de ses paroissiens en engageant une jeune servante de dix-huit ans, Marie Denarnaud (le droit canon impose un âge de quarante ans pour une telle fonction). Celle-ci l’aidera dans ses activités et sera mise dans la confidence de tous ses secrets.

Portrait de Marie Denarnaud

Les premières découvertes

Après les travaux de toiture de l’église, Bérenger Saunière fait déplacer le maitre-autel de l’église. C’est à ce moment qu’il aurait fait certaines découvertes… Une dalle dite « du Chevalier » avec sa face sculptée posée contre le sol et un crâne percé qui aurait appartenu à un homme de 50 ans, décédé entre 1281 et 1396. Le déplacement de cette dalle fut à l’origine de beaucoup de rumeurs, notamment celle de la découverte d’un petit « magot » qui aurait pu être dissimulé sous la dalle. Une autre source fait mention aussi de la découverte de « parchemins » sans qu’aucune donnée concrète puisse corroborer cette version.

Visite nocturne © Musée Domaine de l’Abbé Saunière

L’Abbé Saunière, des ressources inexpliquées

A partir de 1892, l’Abbé Saunière entreprend des travaux de plus en plus couteux pour l’église et le presbytère. Il achète des terrains environnants et fait construire une ménagerie, une serre, deux tours (dont la fameuse tour Magdala qu’il bâtit au bord de la colline) et la villa Béthanie. Ces constructions étonnent et interrogent quant aux moyens financiers utilisés ! L’évêché l’accuse de trafic de messes (des messes dont les bénéfices seraient allés dans ses deniers personnels), ce qui entraîne la déchéance de ses fonctions sacerdotales en 1911. Mais cette raison ne semble pas expliquer entièrement ses revenus conséquents.

Musée Domaine de l’Abbé Saunière © Musée Domaine de l’Abbé Saunière

De nombreuses pistes étudiées

Il semblerait que les milieux royalistes, très importants dans le sud de la France à cette époque, auraient été des généreux donateurs pour les constructions de l’Abbé Saunière. Le frère de Bérenger, Jean Marie Alfred Saunière, dont il était très proche, était l’aumônier du Cercle Catholique de Narbonne. Une autre piste étudiée est la découverte d’un trésor. Les habitants de Rennes-le-Château ont relaté de nombreuses fois que l’Abbé Saunière, aidé par sa servante Marie, menait des fouilles nocturnes près de l’église, dans le cimetière ou encore dans la campagne environnante. Aurait-il découvert un trésor qui lui aurait permis de faire toutes ces dépenses ? Le trésor des Wisigoths de Alaric Ier ? Le trésor de Blanche de Castille ? Celui des Templiers ?

Le trésor de l’Abbé Saunière ?

La création du mythe

C’est bien après la mort de l’Abbé Saunière en 1917 que naît vraiment la légende du trésor de Rennes-le-Château. Noël Corbu, propriétaire de la villa Béthania transformée en hôtel, décide de mettre sous les projecteurs cette énigme locale afin d’attirer la curiosité des visiteurs. Le dessinateur Pierre Plantard s’empare de l’affaire et décide de faire quelques fouilles archéologiques à Rennes-le-Château en 1960. Il contacte alors Gérard de Sède avec qui il écrira « L’or de Rennes » en 1967 popularisant au niveau national les mythes du trésor de Rennes-le-Château et l’existence d’une confrérie secrète, le Prieuré de Sion. Cette thèse sera reprise dans « L’Enigme sacrée » de 1982 par des journalistes britanniques et par le « Da Vinci Code » de Dan Brown lui donnant ainsi une portée internationale !

Vue du Domaine © Musée Domaine de l’Abbé Saunière

L’énigme est passionnante n’est-ce pas ? Elle a inspirée de nombreux films, livres, articles et vidéos et continue aujourd’hui encore à faire couler beaucoup d’encre. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur place et à vous imprégner des mystères entourant ces lieux. Et qui sait, trouver de nouvelles pistes pour cette véritable chasse au trésor !

Par Ségolène Lhommée,

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Segolene Lhommee

Issue d’une formation en valorisation du patrimoine culturel, je suis devenue aujourd’hui consultante en communication digitale. Je m’implique dans des projets éditoriaux multiples alliant mes deux passions. Mes petits faibles, la peinture de la Renaissance italienne, les châteaux mystérieux et… TikTok !

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