Incarnation du désir amoureux en philosophie, la mythologie helléniste lui prête également le rôle de divinité de l’amour.

Du culte d’Eros à sa conception philosophique, à la découverte, impudique, de l’allégorie de l’érotisme.

Eros, dieu du désir et de l’amour

La mythologie grecque prête deux parcours divins à Eros.

Au VIIIème siècle avant Jésus-Christ, le poète grec Hésiode écrit dans La Théogonie, œuvre retraçant l’origine des Dieux, qu’Eros est une des divinités primordiales issues de Chaos. En tant que dieu de l’amour, il a pour mission de créer de l’attraction entre les êtres. Ceci pour les pousser à s’unir et à se reproduire afin de veiller à la continuité de l’espèce humaine.

Une croyance plus tardive (VIème siècle avJC) attribue certes les mêmes pouvoirs à Eros mais lui donne une filiation autre. Selon ce mythe, Eros serait le fils d’Aphrodite et d’Arès, frère d’Antéros, dieu de l’amour mutuel. Cette version justifie davantage le parallèle établi entre Eros et Cupidon, son homologue Romain, fils de Mars et de Vénus.

Statuette d'Eros
Statuette d’Eros

Eros, allégorie du désir amoureux

Dans son ouvrage philosophique, Le Banquet, Platon suggère une réflexion autour de l’amour à travers une discussion entre ses personnages. Pour ce faire, les différents protagonistes tentent de définir et de différencier les trois mots utilisés en grec pour dire “amour”, à savoir, “philia”, ”agape” et “eros”. La “philia” s’apparenterait davantage à une amitié, une relation d’estime mutuelle, alors que l’”agape” désigne l’amour dénué d’intérêt. L’”éros” définit quant à lui le désir, l’amour physique. Selon Platon, après avoir étudié les caractéristiques de la divinité helléniste, ce sentiment de désir serait lié à une frustration liée à la beauté et à l’immortalité. En cela, l’éros, contrairement à la philia et à l’agape, constitue un amour égocentrique dans le sens où il cherche à assouvir ses propres désirs.

Statue d'Eros endormi (MET)
Statue d’Eros endormi (MET)

Une pulsion de vie selon Freud

Le fameux psychanalyste, Sigmund Freud s’est également penché sur la notion d’éros qu’il oppose au concept de thanatos. Pour lui, l’éros constitue la pulsion de vie, qui permet à l’individu de se reproduire et donc de veiller au maintien de son espèce. Cette pulsion de vie a aussi pour ambition d’unir deux individus pour qu’ils ne fassent qu’un. Selon le mythe d’Aristophane, détaillé dans Le Banquet de Platon, les humains chercheraient à s’accoupler sexuellement afin de retrouver leur caractère hermaphrodite, perdu par Zeus, qui, pour punir les humains, à effectuer une séparation des sexes. Les individus chercheraient donc à avoir des relations intimes avec une autre personne pour posséder deux organes génitaux et ainsi revenir à un temps où ils étaient hermaphrodites. 

Représentation d’Eros

Eros est représenté sous des traits androgynes. Doté d’un physique avantageux, il est aussi porteur d’une jeunesse éternelle. Parfois ailé, il est souvent accompagné d’une lyre, d’un arc ou d’un lièvre, symbole pédérastique dont il était également le dieu.

Psyché ranimée par le baiser de l'Amour (Musée du Louvre)
Psyché ranimée par le baiser de l’Amour (Musée du Louvre)

Divinité de l’amour dans la mythologie grecque, Eros incarne également une réflexion philosophique sur le sentiment amoureux. Porteur du désir amoureux, Eros se témoigne dans la langue française sous le terme “érotisme”.

Par Caroline Garnier,

Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à commenter, partager, vous inscrire à la newsletter ou soutenir le blog  !

Tous les liens ici !

Caroline Garnier

Journaliste et Podcasteuse, j'apprécie manier ma plume pour vous proposer des articles instructifs et dépaysants. Si je possède un intérêt pour de nombreuses thématiques, j'aime particulièrement écrire sur des sujets culturels, societaux et environnementaux. Ce qui m'anime avant tout: le plaisir de vous faire découvrir !

Commenter cet article

Restez connecté à la culture !

Pour ne manquer aucun article. Inscrivez à notre newsletter.