Le népalais de 38 ans, Nirmal Purja, fait partie de ces surhommes au mental d’acier et bourré d’adrénaline, qui bat le record du monde pour l’ascension des 14 sommets les plus hauts du globe. Zoom sur ce recordman hors normes.

Nirmal Purja intègre la brigade des Gurkhas

Lui qui venait d’une famille pauvre, il y apprend l’anglais et devient le 1er Gurkha à intégrer les forces spéciales de la Royal Navy. C’est précisément là que Nirmal va tester sa résistance physique. Par la suite, il réussit ce que personne n’a jamais pu faire jusqu’ici. En moins de 7 mois il gravit 14 montagnes réputées comme les plus difficiles. L’alpinisme fait partie des disciplines les plus extrêmes en matière de mental et de dépassement physique qui continuent de passionner les adeptes du genre. Nirmal Purja fait figure d’OVNI dans cette discipline. Jusqu’où ira-t-il ? Une série Netflix fait actuellement état de cette aventure hors norme : 14×8000, aux sommets de l’impossible.

Une popularité dans son pays natal

8846 mètres : c’est la hauteur totale de l’Everest par le versant sud du Népal. Les difficultés techniques résident dans le franchissement de la cascade de glace du Khumbu et le gravissement de pentes inclinées entre 30° et 45° avec une température de -20° à -40°. «  Il faut avoir confiance en ses capacités, cela peut mal tourner. On peut rendre l’impossible possible » avoue Nirmal qui demeure aujourd’hui le 1er népalais après bien des occidentaux à gravir de telles montagnes en un temps record.

Un record que les spécialistes remettent en cause

Pour eux, cela est physiquement et logistiquement impossible. Pour gagner du temps, il est hélitroyé de camp de base en camp de base pendant 3 sessions. Sur ses parcours, il prête mains fortes à secourir des alpinistes en détresse ou alors dénonce les ravages du tourisme de masse au sommet de l’Everest avec la photo d’une cordée interminable d’alpinistes. Nirval insiste : « Je n’ai jamais eu le plan de gravir ces 14 sommets si vite. Avec l’ascension de l’Everest et du K2, le deuxième plus haut sommet du monde, c’est la 1ère fois de ma vie où j’ai douté de mes capacités ».

Le K2 par la face sud- 8611m
Le K2 par la face sud- 8611m

Une liste de noms mythiques

Nirmal Purja a gravi ces 14 sommets en moins de 7 mois pendant l’année 2019. Annapurna- 8091m au Népal. Dhaulagiri – 8 167m. Kanchenjunga- 8586m en Inde. Everest- 8849m au Népal et Chine. Lhotse-8516m Népal/Chine. Makalu- 8663m Népal/ Chine. Nanga Parbat– 8 126m au Pakistan. Gasherbrum I – 8 010m au Pakistan/Chine. Gasherbrum II – 8 035m Pakistan/Chine. K2– 8 611m Pakistan/Chine. Broad Peak– 8 047m Pakistan/Chine. Cho Oyu– 8 188m  Népal/Chine. Manaslu– 8 163m au Népal. Shishapangma– 8 027m en Chine.  Cependant, il se heurte à des difficultés administratives diplomatiques entre la Chine et le Népal qui retardent son ascension.

L’Everest côté Népal-Camp de base
L’Everest côté Népal-Camp de base

Quels sont les véritables dangers à + de 8000m ?

Ce qui différencie l’Everest et une autre montagne, c’est l’oxygène en plus nécessaire pour atteindre son sommet. En général, il faut 5 à 6 semaines pour gravir l’Everest avec une obligation de plusieurs étapes pour habituer le corps. C’est une ascension parsemée de crevasses, de cadavres, de débris, où il faut gérer le mental et la condition physique. Au siècle dernier, plus de 300 alpinistes y ont laissé leur vie. Les avalanches représentent 29% des décès ajoutées à 20% du mal des montagnes.

Cascade de glace du Khumbu- Franchissement avec échelles
Cascade de glace du Khumbu- Franchissement avec échelles

Un financement d’expédition non négligeable

En plus d’une peur omniprésente, l’Everest n’est pas une montagne comme les autres. Même si la technicité du K2, en Chine et au Pakistan, est plus difficile à gravir, les débris de rochers dévalent les pentes. L’ascension coûte 50 000€ par personne. Un chiffre et des financeurs qui ne quittent jamais les grimpeurs. Le manque d’oxygène et le vent hostile feraient presque oublier l’hypoxie déjà omniprésente.

Un glacier par temps clément- Simon de Pixabay
Un glacier par temps clément- Simon de Pixabay

Les conseils pour se préparer à l’alpinisme

Si, après ces récits, la tentation de grimper reste intacte, garder les descriptions suivantes à l’esprit :

-entrainement 6 mois avant l’ascension avec endurance, force, poids sur escaliers et musculation 6 jours/semaine

-techniques d’alpinisme, escalade, orientation, cours de survie, cordées, traverser une rivière, températures très basses pour faire ses besoins

-importantes précautions face à l’épuisement, chutes de glace, manque d’O2, conditions météo et extrêmes gelures

-zone de mort à plus + de 8000m : gelures, glace extrêmement glissante, taux d’O2 diminue 333mbar soit 1/3 de la normale, 50 jours d’acclimatation à l’altitude pour une expédition classique car la plupart des hélicos n’atteignent que très difficilement le sommet. Si stagnation : chance de survie à 0%.

Alors, prêts pour l’aventure ?

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Par  Magali Bouchez ,

Originaire du nord, végétarienne depuis l’enfance, curieuse boulimique et passionnée, j’ai essayé de me limiter aux langues, à l’art, au sport. Essayer fut un doux euphémisme. Parents fatigués par mon envie de globe trotteur. Ce qui me touche le plus : la cause animale. Suite à un burn out, j’ai découvert la méditation, effet salvateur garanti.

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