Icône de la lutte pour le droit à l’éducation et militante féministe, la jeune pakistanaise Malala Yousafzai, rescapée d’un attentat et plus jeune prix Nobel de l’histoire, compte parmi les personnalités les plus influentes au monde.

« Sans éducation, l’enfant est orphelin », rappelle l’adage

Malala Yousafzai
Malala Yousafzai

Aussi l’accès à l’éducation est-il un droit à défendre. Parfois au péril de vies. En témoigne l’histoire de Malala Yousafzai, née au nord-ouest du Pakistan. Soit un pays où beaucoup de jeunes filles n’ont pas accès à l’enseignement. Faute d’établissements, et de moyens financiers au sein des familles. Ou à cause d’intérêt maritaux.

En 2009, alors que les talibans règnent sur la province où vit Malala, celle qui était alors âgée de 11 ans documente le régime de terreur dans lequel elle vit. Ce depuis un blog en ligne. Le récit trouve audience et, après le renversement des talibans qui avaient incendié des centaines d’écoles, Malala devient l’emblème nationale de la lutte pour l’accès à l’éducation. Son aura dépasse les frontières du Pakistan après avoir survécu à une tentative d’assassinat en 2012. Deux ans plus tard, elle devient la plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix. Et utilise sa renommée afin de promouvoir le droit à l’éducation.

Dans le viseur des talibans : l’enseignement

Fille d’un père poète, militant pour l’éducation, et propriétaire d’une école pour filles, Malala Yonsfzai naît le 12 juillet 1997. Seulement 10 ans après sa naissance, elle voit les talibans prendre le contrôle de la vallée où elle vit. Poussée par son père, la jeune adolescente décide de narrer, à partir de 2009, son quotidien. Ainsi que les exactions dont elle est témoin. Elle publie ce récit, baptisé Journal d’une écolière pakistanaise sous pseudonyme. Et sur un blog de la BBC. Malala y raconte l’intensification des activités militaires. Elle partage aussi ses craintes sur la destruction des écoles, les talibans étant opposé à l’éducation scolaire avancée des filles.

Peu de temps après, l’armée pakistanaise reprend le contrôle de la vallée de Swat. Le courage de la jeune Malala est alors officiellement salué. En 2011, le premier ministre d’alors, Youssouf Raza Gilani, lui remet en mains propres le Prix National de la Jeunesse pour la Paix.

Tentative d’assassinat

Dès lors, l’adolescente incarne un idéal. Celui de l’accès à l’éducation pour tous. Les talibans abhorrent cette aspiration, et tentent, en 2012, d’assassiner l’activiste. Alors qu’elle rentre de l’école, Malala s’installe dans un bus. Un groupe de rebelles encagoulé arrête le véhicule, certains y pénètrent. Et l’un d’eux tire. Les balles touchent l’épaule, ainsi que le crâne.

Transférée dans un état « critique » vers un hôpital de proximité, les médecins parviennent miraculeusement à sauver la militante de 14 ans. Le corps médical assure que son pronostic vital n’est plus en danger. Reste à engager un long travail de rééducation. Plusieurs personnalités pakistanaises se pressent alors à son chevet, pour témoigner leur sympathie. Et honorer sa vaillance.

Le monde entier s’émeut

La tentative de meurtre dont Malala a été victime choque. À la fois au Pakistan, et dans l’ensemble de l’Occident. Tandis que des politiques fustigent la « barbarie » de l’attentat, plusieurs stars telles qu’Angelina Jolie rendent publiquement hommage à l’œuvre de la jeune militante. Son livre Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans est publié dans pas moins de 23 pays en 2013.

Elle entame une tournée internationale pour rencontrer d’éminentes personnalités d’État dont Barack Obama, et la reine Elizabeth II. La même année et à l’occasion de son 16e anniversaire, Malala livre depuis la tribune de l’ONU un saisissant plaidoyer sur l’éducation des filles.

Un enfant, un professeur, un livre, un stylo peuvent changer le monde 

extrait du discours de Malala Yousafzai à l’ONU

Ovationné, le discours demeure gravé dans l’Histoire.

Des récompenses en cascade, une vie qui se normalise

Nombreux sont les honneurs officiels remis à Malala. Pour l’année 2013 seule : Prix ambassadeur de la conscience en 2013, d’Amnesty Internationale, Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, Prix des droits de l’homme des Nations Unis… Consécration suprême d’une œuvre militante, deux ans et un jour après la tentative d’assassinat dont elle a réchappé, Malala co-reçoit le prix Nobel de la paix 2014. Elle devient ainsi, à 17 ans, la plus jeune lauréate de l’histoire de la récompense.

Elle entame ensuite des études d’économie, philosophie et politique dans la prestigieuse université d’Oxford. Tout en multipliant, en parallèle, les interventions féministes ou en faveur de l’éducation. Que ce soit via ses réseaux sociaux, ou des prises de parole publiques. L’étudiante achève son cursus en 2020. « Concernant la suite, je ne sais pas ce qu’il m’attend », déclare alors la tout juste diplômée. Nul doute, cependant, que Malala continuera de porter bien haut les couleurs de son combat pour le droit des femmes et l’accès universel à l’éducation.

Pour découvrir encore plus d’articles inspirants, téléchargez l’application Cultur’easy sur Applestore ou Playstore.

Par Antonin Gratien ,

Rédacteur et journaliste indépendant spécialisé dans les arts (cinéma, musique, mode, art contemporain), et les questions de société. Biberonné à la littérature, diplômé en littérature, philosophie et ingénierie culturelle. Attentif aux mœurs contemporaines, aux personnalités émergentes ainsi qu’aux œuvres nouvelles.

2 Commentaires

  1. Brigitte Lavallette Répondre

    Très bel article,effectivement un courage infini aux risques de se propre vie,mais sans éducation pour les enfants c’est la porte ouverte à l’obscurantisme

  2. Azza FROSSARD CHERIF Répondre

    Merci pour cet article qui résume bien le parcours ô combien courageux de cette remarquable jeune femme, pour qui le combat n’est en effet pas terminé mais qui, je l’espère, est et sera un modèle édifiant pour la jeunesse d’aujourd’hui dans le monde entier.
    Je ferai juste une petite remarque concernant la mention de la prestigieuse université d’Oxford qui se situe non pas à Londres, mais comme son nom l’indique… à Oxford.

Commenter cet article

Restez connecté à la culture !

Pour ne manquer aucun article. Inscrivez à notre newsletter.