Absurde. Iconoclaste. Parfois cinglant. Souvent hilarant. Sous couvert d’humour, le mème culturel dénonce autant qu’il divertit.

Les mèmes culturels sont ces images tirées d’un film, d’un clip, d’une bande dessinée ou encore d’un tableau. Elles sont alors détournées de façon parodique et massivement diffusées sur le web. Un temps réservé au microcosme geek, le mème s’est décloisonné. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, il devient un phénomène culturel qui touche toute une génération.

Mème culturel traitant de la cancel culture ?
Mème culturel traitant de la cancel culture ?

Le mème repose en effet sur une connivence entre ses membres. Ils partagent non seulement les mêmes références culturelles et le même langage, mais aussi les mêmes questionnements. Par sa force de détournement, il leur permet de mettre des mots sur des maux plus facilement avouables par l’humour. Aussi, ils rient de concert des mêmes vannes, qui sont souvent le reflet de leurs craintes. L’absence de vie sociale, les dérives liées aux nouvelles technologies ou encore le réchauffement climatique. Ils sont autant de sujets récurrents au sein de la mémosphère.  

Ainsi, avec son graphisme primaire et son ton décomplexé, le mème culturel permet de parler de soi avec recul. Il offre un regard ironique et auto-dérisoire sur des sujets de société. Et utilise des supports de choix, les œuvres culturelles. Voici l’histoire de 6 mèmes culturels cultes, que vous avez déjà sûrement croisé sur la toile.

1.   Le mème culturel “Drakeposting”

Drake a été la tête d’affiche de nombreux mèmes au cours de sa carrière musicale. Conscient de la puissance du mouvement, l’artiste surfe même désormais dessus pour assurer la promotion de ses albums. L’un des plus connus – si ce n’est le plus connu – est issu du clip de son single Hotline Bling sorti en 2015.

Dans une structure cubique, épurée et colorée, Drake esquisse quelques pas de danse. Le rappeur canadien effectue plus particulièrement un mouvement, qui lorsqu’il est isolé, donne l’impression qu’il détourne le regard avec dégoût. Il n’en fallait pas plus pour voir naître : le Drakeposting. Le Drakeposting, c’est le fait de publier deux captures d’écran de ce fameux clip sur une même image, pour indiquer la préférence d’une chose par rapport à une autre. Ce mème culturel est souvent partagé pour mettre en évidence nos propres contradictions.

2.   Le mème culturel “Is this a” ?

L’origine de ce mème est plus ancienne. L’image provient de la série animée The Brave Fighter of Sun Fighbird, diffusée au Japon dans les années 90. Dans l’épisode 3 de la saison 1, alors qu’il étudie la nature terrestre, Yutaro Katori, un androïde créé par le professeur Hiroshi Amano, confond un papillon avec un pigeon.

“Sérieux ?” pourrait-on répondre au protagoniste de ce mème culturel à qui l’on fait dire tout et n’importe quoi. Yutaro est devenue la figure de proue de toutes les personnes qui posent une question dont elles connaissent très certainement la réponse. Une façon d’illustrer, toujours sur un ton humoristique, la mauvaise foi dont on peut faire preuve, sous couvert de fausse naïveté.

3.   Le mème culturel “Not sure if”

Ce mème est tiré de la série d’animation américaine Futurama et plus particulièrement de l’épisode 6 de la saison 2 intitulé The Lesser of Two Evils.

L’image est celle de Fry, le personnage principal, qui plisse dubitativement les yeux après avoir été trouvé en train de fouiller dans le tiroir à sous-vêtements de Leela. Ce mème est très souvent repris pour représenter un monologue interne. Il donne un éclairage comique aux questions parfois un peu (très) lunaires qui peuvent nous habiter au quotidien. Et qui sont – fort heureusement – inaudibles pour autrui.

4.   Le mème culturel “This is fine”

L’image de ce mème est tirée d’un numéro de la bande dessinée Gunshow, illustrée par K.C. Green et publiée en 2013.

Assis sur une chaise dans une pièce envahie par les flammes, un chien anthropomorphe essaie de se convaincre que tout va bien. À la Orelsan. Le personnage est l’ambassadeur des adeptes du deus ex machina. De toutes celles et ceux qui ne veulent pas se rendre à l’évidence, alors que tous les signes extérieurs leur montrent que : “this is NOT fine”. Ce mème culturel est la parfaite illustration du déni et de fait, de l’inaction dont on peut faire preuve, face à une situation qui est clairement désespérée. Doomisme, vous dites ?

5.   Le mème culturel « Evil Kermit »

En 2014 sortait le film de comédie musicale Muppets Most Wanted. Dans celui-ci, Kermit, la grenouille, rencontre son sosie et ennemi juré Constantine. La capture d’écran provient du moment où Constantine, vêtu d’une cape noire tel l’Empereur de la saga Star Wars, lui ordonne d’accomplir une série d’actes mauvais, égoïstes et contraires à l’éthique.

Ce mème est une analogie avec l’existence supposée d’une dualité de notre conscience. Kermit, serait notre “nous-ange”, le vrai “nous”, et Constantine notre “nous-démon”, un “nous” de passage qui nous inciterait à prendre des décisions discutables. La version maléfique de nous-même serait ainsi la seule coupable de nos mauvais comportements.

Rapidement, la version Dark de Piggy la cochonne a aussi fait son apparition, sous une série de mèmes tout aussi cocasses.

6.   Le mème culturel “One does not simply”

On doit ce mème culte à un film qui l’est tout autant : Le Seigneur des Anneaux : la Communauté de l’Anneau, l’adaptation cinématographique de l’œuvre de J.R.R. Tolkien par Peter Jackson en 2001.

« One does not simply walk into mordor » que l’on peut traduire par « On ne peut pas simplement entrer dans le Mordor » est la réplique prononcée par Boromir après que le conseil d’Elrond ait révélé qu’un anneau maléfique devait être détruit en étant jeté dans les flammes du Mont Doom, un volcan situé au cœur du territoire du Mordor. Ce mème est utilisé en référence à une action considérée comme extrêmement difficile à réaliser, mais qui ne l’est évidemment pas toujours. De manière objective.

Terminons cette série avec une sélection de quelques mèmes dans la catégorie art classique. Certes moins cultes, mais tout aussi désopilants.

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Par  Charlotte Combret,

Rédactrice web SEO indépendante, j’aime creuser des sujets et soulever des questions. Aussi bien adepte de la prose de Mona Chollet que de celle de Damso, mes articles sont souvent le fruit d’influences culturelles très diverses. Utopiste et hypersensible, mon écriture se veut avant tout inclusive, dans tous les sens du terme.

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