Bienvenue en Mars 2021

En portant en elle les beaux jours qui arrivent ou le rêve d’une mission sur une planète rouge, l’évocation de Mars incite à la danse et aux songes. Des composantes essentielles à certaines musiques, celles qui aident à nous construire. Celles dont on se souvient des notes. Celles qui nous aident à nous rappeler des sensations de foules ou de grand air… Bienvenue dans cette Playlist de Mars 2021 !

Le son nostalgique : New Order – Blue Monday

“Blue Monday” s’offre au monde le 7 mars 1983. Ce jour-là, le groupe britannique New Order fait paraître un opus de plus de sept minutes. Il sera à l’origine d’un nombre impressionnant de remix à travers le monde. Pourtant, rien n’était prévu. À cette époque, les anciens membres de Joy Division, encore marqués par le récent suicide de Ian Curtis, peinent à se renouveler. C’est pourtant en prenant un virage vers l’électronique, en commençant à utiliser une boîte à rythme que New Order surprendra… À commencer par ses membres eux-mêmes ! Né d’un joyeux hasard, de données enregistrées pendant les sessions. Une partie s’envolera sans qu’on ne sache pourquoi. Mélange de sonorités étranges, “Blue Monday” est le fruit d’un processus de sérendipité. C’est en l’exploitant que New Order transformera un concentré aussi curieux que décalé. Ce maxi 45 tours devient alors le plus vendu de l’histoire de l’industrie musicale !

New Order – Blue Monday (Official Lyric Video)

Le son parfait du moment : The Beatles – Here Comes the Sun

À la veille des années 1970, les Beatles enchaînent les disputes. Les “quatre garçons dans le vent” tentent tant bien que mal d’affronter la tempête qui les frappe. Pris d’un besoin d’escapade, après cet hiver “long”, “froid et solitaire”, George Harrison, à l’origine guitariste solo du groupe, rend visite à Eric Clapton. C’est dans l’atmosphère bucolique et rassurante du jardin ensoleillé de son ami qu’Harrison composera “Here Comes the Sun”. L’enregistrement s’effectuera au cœur de l’été dans les mythiques studios d’Abbey Road avant de recevoir un accueil très enthousiaste du public comme des critiques. Cet hymne à une libération intérieure, liée à l’arrivée apaisante du printemps, succède avec contraste à “I Want You (She’s So Heavy)”, ouvrant avec légèreté la Face B de l’album “Abbey Road”.

The Beatles – Here Comes The Sun (2019 Mix)

À découvrir absolument : Paul Colomb – Bleue

Adepte des scènes classiques comme celles de musiques actuelles, le violoncelle de Paul Colomb parcourt le monde à un tempo enjoué. Empreinte d’une grande sensibilité, la musique de Paul Colomb pourrait se définir comme du violoncelle électro expérimental. Quand les partitions laissent la place à l’improvisation, c’est une musique singulière qui naît. C’est ainsi que se fondait le duo Brady avec la violoncelliste Michèle Pierre. C’est pourtant en solo et après la sortie de “Mirage” en 2020 que Paul Colomb nous offre “Bleue”, un titre comme préambule à un EP en préparation… Avec ce titre, le violoncelliste délivre quatre minutes où la finesse de l’instrument épouse la justesse des notes.

Paul Colomb – Bleue

Le live indémodable : Jean-Michel Jarre à la Défense (1990)

Une pyramide à la Défense ? Jean-Michel Jarre l’a fait ! En 1990, c’est un show hors-norme de musique électronique qui s’est produit dans ce quartier d’affaires de Paris. Retransmis sur les hauts bâtiments entourant cette scène en forme de pyramide, le “grand maître de l’électronique” offre un live où pyrotechnie et lasers marqueront les esprits. Ce concert, qui aurait d’ailleurs dû avoir lieu un an plus tôt, sera l’occasion pour Jarre d’entrer dans le Guinness Book des Records, qui officialisa 2.5 millions de spectateurs

Paris La Defense (Full Video) – Jean Michel Jarre

L’enregistrement inédit : Daft Punk – @Le Privé (Avignon)

Si son père les a cherchées pendant quinze ans, c’est Benoît, le fils du propriétaire d’un club avignonnais, qui les a redécouvertes. “Le Privé” ouvre en 1993, et deux ans plus tard, Thomas Bangalter and Guy-Manuel de Homem-Christo viennent s’y produire pour un DJ set de trois heures (minimum !). “Da Funk”, premier single de l’album “Homework”, comportant notamment un sample de “I’m Gonna Love you Just a Little More Babe” de Barry White, ouvre le bal du plus long set du duo Daft Punk jamais enregistré… En exhumant cette pépite électronique et en la rendant publique, le fils du propriétaire du “Privé” offre l’occasion de connaître un peu plus le tandem. La miraculeuse découverte de ces deux cassettes préfigure l’influence qu’auront les Daft Punk sur la “French Touch”, en popularisant la “patte française” bien au-delà du Palace et autres clubs parisiens.

Daft Punk @ LE PRIVÉ (Avignon/FR) – 18/11/1995

La collaboration à (ré)écouter : Run-DMC ft. Aerosmith – Walk This Way

Dix ans après le succès de leur premier album éponyme, Aerosmith peine à rassembler les foules autour de sa musique. Bien loin des envolées de “Dream On”, le groupe est dépassé, Joe Perry et Steven Tyler connaissent des différends et Brad Whitford quitte (temporairement !) Aerosmith. L’album qui s’en suit n’est pas accueilli avec enthousiasme par le public et la tournée reste marquée par des abus qui ternissaient toujours plus l’image du groupe aux yeux de leurs fans.

Pourtant, en 1986, une reprise de “Walk this Way” issue de l’album “Toys in the Attic” va attiser à nouveau l’intérêt autour des “Bad Boys de Boston”. Si cette reprise fonctionne aussi bien, c’est parce qu’il s’agit d’une étonnante mais audacieuse collaboration avec le groupe de hip-hop Run-DMC. Ce mélange entre le rock et le rap créé la surprise et permet aux membres de retrouver non seulement le chemin des studios, mais aussi celui des scènes.

RUN DMC – Walk This Way (Official HD Video) ft. Aerosmith

“Mars” : David Bowie – Life On Mars ?

Bien qu’il s’agisse d’une des chansons les plus connues de David Bowie, ce que l’on sait moins, c’est que “Life on Mars ?” est née d’une frustration. Quand l’éditeur du jeune David Robert Jones lui confie “Comme d’habitude” de Claude François dans le but qu’il en livre une reprise, le jeune anglais y voit une opportunité et le projet lui plaît. “Even a Fool Learns to Love” naît et Bowie s’imagine déjà la chanter en écrivant le début des paroles. Pourtant, l’éditeur français avorte rapidement le projet, qui revient à Paul Anka dont l’interprétation de la version sera faite par Franck Sinatra. Une frustration pour Bowie, un peu comme un refrain qui tourne en tête sans jamais avoir le droit de le laisser s’épanouir à ses côtés de couplets.

C’est en se promenant à Londres quelques années plus tard que ces quelques notes reviennent à David Bowie. En rentrant chez lui, il compose en quelques heures l’un de ses plus grands succès, “Life on Mars ?”, dont la progression d’accords reprend celle imaginées quelques années auparavant pour “Even a Fool Learns to Love”. Quand Hunky Dory, le quatrième album de Bowie sur lequel est publié “Life on Mars ?” paraît, l’arrière de la pochette comporte une mention que l’on comprend mieux désormais : “Inspired by Frankie”.

David Bowie – Life On Mars? (Official Video)

La BO dont on ne se lasse pas : Orange Mécanique (Stanley Kubrick) – Rossini, Beethoven, Purcell ; arrangé par Wendy Carlos.

Il y a dans ce tourbillon qui compose “Orange Mécanique” une dimension frappante qui ne rencontre parvient à rencontrer d’égal que dans le cinéma de Kubrick lui-même. En filmant ce qui donnera lieu à plus de deux heures d’une malsaine ultra violence, Kubrick divisait, choquait, fascinait. Un élément appuie ces ressentis : la musique du film. La bande originale d’“Orange Mécanique” est composée par Wendy Carlos, compositrice électronique. Ici, le protagoniste voue un culte à Beethoven (“Ludwig Van”) et à cette Symphonie n°9 qui semble justifier la violence du personnage principal, Alex DeLarge. L’intervention de Wendy Carlos étonne autant qu’elle détonne, résonne par cette faculté à donner à la musique classique une dimension inquiétante, à introduire ce climat d’extrême violence qui fait “Orange Mécanique”. Carlos adapte également Purcell, dont “Music for the Funeral of Queen Mary” ouvrira le film, d’une froideur déjà perturbante alors que le pire n’est pas encore amorcé.

Clockwork Orange Music for the Funeral March of Queen Mary

C’est ici que la partition se ferme pour le mois de Mars 2021

Entre un riff d’Aerosmith et un frottement de cordes de Paul Colomb. Alors que les notes se suivent sans se ressembler, la musique se refuse à un silence imposé. Si passionnante, la musique est en constante évolution et les genres évoluent en laissant des empreintes indéfectibles. Pourquoi ne pas en profiter d’ailleurs pour découvrir les 10 styles musicaux alternatifs qui ont bousculé le 20ème siècle ? Bon voyage dans le temps… Et au mois prochain !

Par Celine Jollivet,

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Celine Jollivet

Les années lycées marquées par l’envie d’être journaliste, les années fac par celle d’évoluer dans le secteur des musiques actuelles, d’organiser des concerts. “Quand les passions frappent à votre cœur, fuyez-vous ?” disait Bossus : je l’ai beaucoup cherchée mais je crois que c’est elle, la mélodie qui se joue dans ma tête...

1 Comment

  1. Avatar
    Brigitte Lavallette Répondre

    Merci pour la playlist de Mars 2021 bien que j’ai encore un faible pour Les Beatles et David Bowie

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