Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, les Romanov sont assassinés, dans l’une des plus célèbres et controversées tueries de l’histoire. C’est parti pour la découverte du parcours d’une famille déchue qui régna sur la Russie.

La dynastie des Romanov

La maison Romanov est l’une des familles les plus célèbres de l’histoire de la Russie. Michel Ier Fiodorovitch Romanov se fait élire Tsar de toutes les Russies en 1613, mettant ainsi fin à la Smuta (temps troublés). C’est le premier tsar de la longue dynastie des Romanov. Pierre le Grand, élu Tsar en 1682 et empereur de toutes les Russies en 1721, réalise de profondes réformes. Il fait de la Russie, une grande puissance européenne moderne.

Ses successeurs, dont Catherine II, s’attachent eux aussi à étendre l’Empire. Sous le règne de Nicolas II (dès 1894), la Russie connaît un important essor économique, politique et culturel. Mais la défaite dans son conflit avec le Japon en 1905 montre les faiblesses du régime et déclenche la révolution russe, cette même année. Le Tsar parvient tout de même à maîtriser la situation, en promettant notamment des réformes démocratiques.

Catherine II de Russie (Kunsthistorisches Museum/Wiki Commons)
Catherine II de Russie (Kunsthistorisches Museum/Wiki Commons)

15 mars 1917, l’abdication de Nicolas II

Alors que la Première Guerre mondiale continue de faire rage, la Russie se trouve, au début de l’année 1917, dans une situation critique. Les grèves successives se soldent par des répressions brutales. La misère populaire se fait de plus en plus ressentir entraînant la multiplication des constatations et des mouvements ouvriers. En février, des manifestations dégénèrent à Petrograd. La fin de la dynastie des Romanov s’y décide.

Le 12 mars, la Douma nomme un gouvernement provisoire sous la direction du prince Gheorghi Lvov. Le Tsar est tout bonnement écarté des circuits de décisions. Le 15 mars, il abdique en faveur de son frère, le grand duc Michel. Il ne prétend n’accepter le trône qu’à la demande du gouvernement et comme personne ne le sollicite, cela marque la fin de la dynastie des Romanov. Cela ne met pas fin aux conflits et en octobre le gouvernement tombe aux mains des Bolcheviks lors de la révolution. Dès lors, la Russie se désengage de la guerre.

Saint Pétersbourg pendant la Révolution de février 1917 (Museum of Political History of Russia/Wiki Commons)
Saint Pétersbourg pendant la Révolution de février 1917 (Museum of Political History of Russia/Wiki Commons)

Le parcours d’une famille déchue

Après son abdication, Nicolas II n’est plus qu’un simple citoyen. Lui et sa famille se retrouvent alors en résidence surveillée au palais Alexandre à Tsarskoïe Selo près de Petrograd. Puis, le gouvernement provisoire les envoie vers Tobolsk, en Sibérie. Ils y sont gardés par d’anciens gardes militaires tsaristes. Mais entre la victoire des Bolcheviks et la révolution, l’armée Blanche menace la région.

En avril 1918 le régime veut transférer la famille dans un nouveau lieu tenu secret. Seulement le fils de Nicolas II, Alexandre, est très malade. Ils seront alors transférés en deux convois. D’abord le tsar, sa femme et Maria (3ème fille de Nicolas II), puis les autres dès qu’Alexandre ira mieux. Lénine décide alors de les déplacer à Ekaterinbourg, la ville la plus ouvrière de l’Oural, dans la maison Ipatiev. Cette fois c’est la Garde Rouge qui les surveille. Quelques semaines plus tard, ils réunissent enfin la famille.

Des conditions de détention loin du confort impérial

Initialement strictes, elles se durcissent à la victoire des Bolcheviks. Dans la maison Ipatiev, la surveillance y est très stricte. Ils subissent de nombreuses insultes et moqueries. Les filles du Tsar déchu dorment même par terre et selon Nicolas Ross, historien spécialiste de la Russie : “Quand les grandes duchesses allaient à la salle de bains ou aux toilettes, elles passaient devant eux. Ils ne se privaient pas parfois pour faire des réflexions à leur égard ».

Le geôlier aimait laisser l’ancien tsar dans des habits usés pour se moquer de lui. Malgré cela, les Romanov restent unis et réussissent à mener une vie assez stable. Ils ont même la possibilité d’aller dans la cour, mais seulement une heure par jour. Pour se protéger des humiliations des soldats, Nicolas reste muet, au contraire de sa femme Alexandra.

Nicolas II, dernier Tsar de Russie (A. A. Pasetti/Wiki Commons)
Nicolas II, dernier Tsar de Russie (A. A. Pasetti/Wiki Commons)

La nuit du 16 au 17 juillet 1918, l’assassinat des Romanov

Lors de l’été 1918 leur geôlier est remplacé par le nouveau commissaire de justice Iakov Iourovski. C’est là que les choses s’accélèrent. Dans la soirée du 16 juillet, les Romanov dînent vers 20h et partent se coucher 2h plus tard. Puis entre 0h et 1h, la famille et les domestiques sont réveillés brusquement sous les ordres de Iakov Iourovski, prétendant qu’il y avait une insurrection en ville.

Ils doivent descendre dans une pièce au sous-sol. Les Romanov, leur docteur, Evgueni Sergueïevitch Botkine, et les serviteurs, sont alors alignés. Le commandant des lieux et une dizaine d’hommes finissent par apparaître. Iourovski déclare “Nicolas Alexandrovicth, vos amis ont essayé de vous sauver, mais ils n’y ont pas réussi. Nous sommes dans l’obligation de vous fusiller. Votre vie est terminée. À ce moment, les coups de feu éclatent et durent plusieurs minutes. Le Tsar est fusillé le premier. Au milieu des cris, tous tombent. Certains seront achevés au pistolet et pour deux d’entre eux à la baïonnette.

C’est la fin de l’un des plus puissants empires…dans le sang.

Nicolas II fascine toujours et ce dernier profite aujourd’hui d’une popularité retrouvée. Une image bien loin de ce qu’il avait connu. Plus de cent ans après, l’assassinat des Romanov continue de faire débat.

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Par  Vincent Bouin ,

Ayant grandit en Île-de-France, Vincent se passionne très vite par l'histoire, le sport et le journalisme. C'est tout naturellement, qu’il s’oriente vers une licence d'histoire, avant de poursuivre sur un Master Journalisme. Aujourd'hui il continue d'écrire et n'oublie pas ses premiers amours, l'histoire et le sport.

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