À l’occasion de la Journée internationale des monuments et des sites, Cultur’easy vous embarque à l’autre bout du monde. À la rencontre d’un des parcs nationaux les plus époustouflants de Nouvelle-Zélande : le Tongariro.

Sur l’île du Nord du « pays au long nuage blanc », se trouve un parc national aux paysages spectaculaires. Classé à l’UNESCO, le Tongariro figure parmi les endroits incontournables de Nouvelle-Zélande. Il mêle richesse naturelle et culturelle.

Le Tongariro vue par les légendes maories

Représentation des guerriers maories
Représentation des guerriers maories

Avant d’être un parc national, le Tongariro est avant tout un lieu spirituel, riche de légendes diverses.

Une des histoires de la mythologie maorie raconte qu’au commencement, le parc était composé de quatre volcans guerriers : Tongariro, Ngauruhoe, Ruapehu et Taranaki. Tous étaient sous le charme de la belle montagne Pihanga qui surplombait le lac de Taupo.

Cette dernière avait un faible pour Tongariro, ce qui provoqua la colère de Taranaki, bien décidé à gagner son cœur. Un intense duel entre les deux monts éclata. Tongariro remporta le combat et l’amour de la montagne Pihanga. Envahit par le chagrin et dévasté, Taranaki se retira à l’ouest, vers le soleil couchant. Sur son parcours, il creusa la rivière Whanganui pour bien délimiter le territoire avec son ennemi. Selon les Māoris, ces deux volcans guerriers continuent de se livrer bataille lorsqu’ils rentrent en éruption.

Une terre sacrée

Mont Ngauruhoe
Mont Ngauruhoe

Les terres du Tongariro constituent une place sacrée aux yeux des Maoris, et ce, depuis l’arrivée des premiers habitants sur les terres d’Aotearoa. Elles sont l’essence même des mythes qui constituent la Nouvelle-Zélande.

Dans la culture maorie, les sommets des montagnes possèdent une place majeure. Elles symbolisent le lien spirituel entre la communauté et leur environnement. Elles représentent les premières créations de la mère-terre (Papatuanuku) et du père-ciel (Ranginui). En respect à ces croyances, les visiteurs n’ont pas l’autorisation de gravir les sommets des montagnes du parc. Il est aussi demandé aux marcheurs de traiter avec bienveillance et respect l’espace naturel offert.

Le premier parc national de Nouvelle-Zélande classé à l’UNESCO

Le Tongariro est devenu le premier parc national de Nouvelle-Zélande en 1887. Suite à l’arrivée des Européens dans la région, le chef de la tribu Ngati Tuwharetoa céda une partie des terres à la couronne d’Angleterre. Celui-ci était inquiet de la possible exploitation qu’ils pourraient en faire. Il signa alors un traité pour protéger et préserver la beauté naturelle du parc et de ses monts. Une seule condition : transformer les lieux en parc national protégé. Au fur et à mesure des années, la superficie protégée du parc s’est étendue, représentant aujourd’hui plus de 795 kilomètres carrés.

Depuis 1993, le parc national du Tongariro est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il possède une double classification, à la fois, pour sa richesse naturelle et pour ses valeurs culturelles.

Trois volcans actifs : Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu (le plus haut sommet de l’île du Nord), le parc dispose de paysages fantastiques. Roches volcaniques, coulées de lave, lacs turquoise, glaciers, végétation aride, forêt humide… Son écosystème est varié, singulier et magique. Il abrite également plus de 50 espèces d’oiseaux rares et endémiques.

Un haut lieu culturel à l’honneur dans le Seigneur des Anneaux

Maison Hobbit du Seigneur des anneaux
Maison Hobbit du Seigneur des anneaux

Le parc du Tongariro doit aussi son étiquette culturelle à Peter Jackson, qui l’a transformé en double cinématographique du Mordor, dans la trilogie du Seigneur des Anneaux.

Avec un paysage naturel riche, c’est tout naturellement que le réalisateur néo-zélandais s’est tourné vers le parc du Tongariro pour certaines scènes de ses films. Les fans de la trilogie reconnaîtront les traits de la montagne du Destin, incarné par le mont Ngauruhoe. Mais aussi les décors naturels arides, désertiques et volcaniques, presque inhospitaliers du Mordor, région de la Terre du Milieu.

Le tournage fut réalisé dans le total respect de l’environnement. On posa ponctuellement des tapis et des chemins en bois pour préserver la faune et la flore. Et les sommets des montagnes n’ont pas été filmées, pour respecter la culture maorie.

Depuis la sortie des films, des millions de visiteurs viennent marcher sur les traces du célèbre hobbit, Frodon, destiné à détruire l’anneau. Une contribution culturelle qui participe à faire rayonner ce magnifique parc national !

Tongariro, le terrain de jeu des randonneurs

Lacs émeraude
Lacs émeraude

Avec plusieurs balades possibles, plus ou moins longues, le parc national du Tongariro attire de multiples randonneurs. C’est également un domaine qui abrite des stations de ski, prisées l’hiver.

S’il y a bien une randonnée incontournable à faire en Nouvelle-Zélande, c’est celle au cœur de ce parc fantastique : la Tongariro Alpine Crossing. Chaque année, des milliers de visiteurs se lancent sur cette célèbre traversée alpine. S’étalant sur 19,4 km, le circuit sillonne entre le mont Tongariro et le mont Ngauruhoe. Même pour les randonneurs les plus aguerris, il faut compter 6 à 8 heures de marche pour la compléter.

Entre anciens cratères, lacs émeraude et végétation aride, cette randonnée offre un spectacle lunaire unique. Le parcours débute par un sentier rocailleux assez plat, puis se corse pour laisser place à des montées parfois abruptes. À mesure de l’avancée, l’ambiance volcanique s’accentue. L’arrivée au sommet du Red Crater, le point culminant (1 886 m), récompense les marcheurs avec une vue à couper le souffle sur les Emerald Lakes. Puis, après avoir passé le Blue Lake, un panorama sur les lacs de Taupo et Rotoraira se dessine. Des paysages volcaniques exceptionnels qui resteront gravés à tout jamais dans l’esprit de ceux qui les traversent.

De passage en Nouvelle-Zélande ? Ne loupez surtout pas l’occasion de visiter le Tongariro, splendide patrimoine néo-zélandais riche de culture et de nature.

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Par Margaux Simonnet ,

D’abord attachée de presse et chef de projet événementiel, j’ai pris le virage de la rédaction web après une aventure néo-zélandaise. Ma curiosité intarissable se nourrit dans mes voyages et la culture sous toutes ses formes. Ce qui m’anime ? La découverte et le partage de sujets exaltants.

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