Dans le respect des traditions ou twistés de façon plus contemporaine, les 13 desserts provençaux sont une jolie manière de garnir la table de Noël de douceurs. Cette tradition n’est pas formellement datée dans le temps. Mais elle semblerait remonter au XVIIe siècle.

Pourquoi 13 desserts ?

Parce qu’il y a 13 convives lors de la Cène : les 12 apôtres et le Christ. C’est le dernier repas que Jésus-Christ a pris avec les 12 apôtres, la veille de sa crucifixion.

Ces desserts sont en abondance sur la table la veille de Noël, en attendant de se rendre à la messe de minuit et doivent y rester pendant trois jours. C’est le temps qu’auront les convives pour les goûter tous ! Ils seront accompagnés de vin cuit. En référence au vin symbolisant le sang du Christ.

En 2007, la Direction de la Culture de la Ville d’Aix-en-Provence a publié un guide en ligne sur les traditions de Noël. La liste des 13 desserts varie en fonction des villes, chaque dessert ayant une symbolique. 

Place aux fruits secs !

Les figues séchées
Les figues séchées

En référence aux quatre ordres religieux, il y a quatre mendiants, soient quatre fruits secs. Les figues séchées pour l’ordre des Franciscains., Les raisins secs pour l’ordre des Dominicains. Les amandes pour celui des Carmélites. Des noix ou des noisettes pour l’ordre des Augustins.

Au tour des fruits frais !

Viennent ensuite les fruits frais ! Le raisin dont les dernières grappes sont conservées jusqu’à Noël. Le melon d’eau et l’orange en signe de richesse. Des dattes symbolisant le Christ venu d’Orient. Et pour finir un fruit exotique (mangue, ananas, etc.).

Vive les pâtisseries !

Le nougat
Le nougat

Les pâtisseries complètent la liste avec notamment trois sortes de nougat (blanc, rouge, noir).

Intéressons-nous au met au nom le plus mystérieux : « la fameuse pompe à l’huile »

La pompe à l'huile
La pompe à l’huile

La pompe à l’huile est un gâteau à la fleur d’oranger. Traditionnellement, elle est le plat porté par Pistachier (personnage typique de la crèche et de la pastorale provençale). Selon la tradition, il faut rompre la pompe à huile comme le Christ a rompu le pain. Ne surtout pas la couper pour ne pas se retrouver ruiné l’année suivante selon la superstition. C’est un moment de partage.

La pompe consommée actuellement semble différer des pompes traditionnelles, autrefois fabriquées avec de la farine de froment. Son nom demeure pourtant une énigme. Evoquant pour certain la capacité de la farine à absorber l’huile versée lors de la préparation. Pour d’autre parce que ce gâteau s’utilise pour saucer le vin cuit en fin de repas.

Le compte est bon, n’en déplaise aux victimes de triskaidécaphobie (peur du nombre « treize »)

Profondément ancré dans des valeurs d’opulence, le détail des 13 desserts se retrouve bien sûr sous différentes formes dans d’autres pays et d’autres cultures. N’hésitez pas à partager sur les réseaux sociaux vos trouvailles s’apparentant à ces gourmandises.

Symbole de partage et de convivialité, les 13 desserts peuvent facilement aujourd’hui continuer d’être servis et des adaptations contemporaines peuvent être imaginées, comme l’avait fait le chef triplement étoilé Régis Marcon à la Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon.

Et vous, quelles sont vos traditions de Noël ? Les pulls de Noël, on en parle ?

Pour découvrir encore plus d’articles inspirants, téléchargez l’application Cultur’easy sur Applestore ou Playstore.

Par  Solenne Livolsi ,


Diplômée en histoire de l'art et à Sciences-po Lyon, Solenne a travaillé aux quatre coins de la France ainsi qu’à l'étranger dans plusieurs structures culturelles. Commissaire d’exposition, elle crée un dialogue entre les artistes et les territoires. Spécialisée en art & food, Solenne est à l'affût de bons plans à partager.

Commenter cet article