Il y a des passages effacés par l’Histoire. Des civilisations tombées dans l’oubli. À la découverte du peuple Taïno, disparu suite à l’arrivée des Européens sur le continent du Nouveau Monde.

Taïno, la civilisation précolombienne oubliée

Replongeons-nous au XVe siècle, avant que les Européens débarquent aux Amériques et notamment aux Caraïbes.

Dans ces îles, vivait en harmonie le peuple Taïno. Une ethnie amérindienne qui habitait principalement dans les grandes Antilles à savoir Cuba, Haïti, la Jamaïque, Porto Rico et les Bahamas. Une civilisation dont l’origine reste controversée, mais dont la langue semble appartenir à la famille linguistique Arawak.

Généreux et pacifiques, les Taïnos étaient une civilisation tournée vers les mythes. Ne sachant ni lire, ni écrire, l’imaginaire occupait une place importante au sein de leur culture.

Ils furent les premiers indigènes qu’ont rencontrés les équipes coloniales de Christophe Colomb à leur débarquement. Et aussi, les premiers Indiens à disparaître de façon radicale et rapide suite à la colonisation. En seulement un demi-siècle, ils ont été balayés de l’Histoire.

D’eux, il ne reste presque plus de traces. Leur mémoire ne repose que sur les écrits coloniaux et quelques indices archéologiques retrouvés.

Entre agriculture, artisanat et loisirs

Vie du peuple Taïno
Vie du peuple Taïno

Le peuple Taïno étaient très prospère et organisé. Ils avaient un temps d’avance sur leur époque, aussi bien au niveau culturel que nourricier.

Ils bénéficiaient de terres agricoles abondantes, dont ils avaient su tirer parti. Agriculteurs hors pair, ils cultivaient le manioc, les haricots, le maïs, les patates douces ou encore le yuca. Ils pratiquaient l’agriculture intensive à l’aide d’outils simples et en départageant leur terre de culture par des buttes pour éviter l’humidité. Ils pratiquaient aussi la chasse et la pêche avec des filets qu’ils fabriquaient eux-mêmes.

C’étaient également d’habiles artisans, qui plaçaient l’art comme élément central dans leur vie. Ils fabriquaient de nombreuses poteries, des ustensiles et des statues religieuses. Ils savaient manier diverses matières comme le bois, la coquille, la pierre, le coton ou l’os.

À côté de ça, c’était un peuple qui aimait s’amuser et se rassembler. Leurs loisirs tournaient autour de la danse, du jeu et de la musique. D’ailleurs, l’une de leurs coutumes était de jouer à un jeu de balle mixte, ressemblant à la pelote d’aujourd’hui. Ce jeu, le batú, a marqué les Européens, qui étaient étrangers au caoutchouc, matière dans laquelle la balle était fabriquée.

Taïno, un modèle d’organisation

Au sein du village, qui pouvait accueillir jusqu’à 5 000 personnes, il existait une hiérarchie sociale. Indifférents aux concepts de propriété privée et d’État, les Taïnos étaient organisés en société tripartite.

En haut de l’échelle, le chef de tribu, appelé cacique, possédait les pleins pouvoirs politiques et religieux. Il était facilement reconnaissable, grâce à sa parure et à son privilège de s’asseoir sur des duhos, des sièges en bois zoomorphes ou anthropomorphes. Il était le seul représentant du pouvoir solaire relatif au Dieu du feu. Les chamans ou bohiques, avaient eux aussi une place importante dans la société. Ils étaient considérés comme le seul contact avec les divinités.

En dessous, se trouvaient les nobles, nommés nitainos ; puis en dernier, les serviteurs domestiques et travailleurs agricoles (naborias).

Les maisons du village étaient organisées autour d’une place centrale, où se trouvait celle du cacique.

Le culte de l’ancêtre

Le peuple Taïno et l'art
Le peuple Taïno et l’art

Les Taïnos étaient un peuple très croyant. C’était une civilisation animiste. C’est-à-dire qu’ils croyaient aux esprits et en une forme de vie qui habitait les animaux et les phénomènes naturels.

Leur culture religieuse était centrée sur les zemis, que l’on peut associer, à des idoles (proche du totem). Ils prenaient la forme de statuettes en bois, en pierre ou en coton. Chaque famille en possédait une, la priait et lui portait des offrandes. Ils pensaient ainsi échanger avec leurs ancêtres dont les ossements étaient recueillis dans ces objets de divination.

Les rites religieux faisaient partie intégrante de leur vie quotidienne pour favoriser la prospérité et les éléments naturels. Les chamans dirigeaient les cérémonies et communiquaient avec les esprits par le biais d’une substance hallucinogène (cohoba).

L’effondrement de la civilisation Taïno

La conquête espagnole a rapidement engendré la disparition du peuple Taïno. Il est estimé que l’esclavage et les maladies importées d’Occident ont conduit à la perte de ce peuple amérindien. Par ailleurs, la famine s’est également vite fait ressentir suite à l’arrivée en grand nombre des conquistadors espagnols.

Peuple pacifique, les Taïnos n’étaient pas habitués à combattre et n’avaient pas les armes pour résister aux Européens. De nombreux hommes ont péri lors de conflits armés ou se sont suicidés. Les femmes quant à elle, ont parfois été marié de force aux Occidentaux.

En un demi-siècle, les coutumes occidentales ont réussi à prendre le dessus. Le christianisme s’est imposé comme religion dominante et le langage hispanique a pris le dessus sur le dialecte Taïnos.

L’héritage Taïno

Malgré cette disparition soudaine, la culture autochtone des Taïnos reste très imprégnée dans les traditions caribéennes. Remèdes naturels, modes de culture, coutumes spirituelles et artisanats subsistent dans les générations actuelles.

Mais, aussi, la mémoire des Taïnos perdure à travers le vocabulaire moderne. En effet, des mots comme hamac, canoë, ouragan, ananas, tabac ou encore papaye proviennent directement de la langue Taïno.

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Par  Margaux Simonnet,

D’abord attachée de presse et chef de projet événementiel, j’ai pris le virage de la rédaction web après une aventure néo-zélandaise. Ma curiosité intarissable se nourrit dans mes voyages et la culture sous toutes ses formes. Ce qui m’anime ? La découverte et le partage de sujets exaltants.

1 Comment

  1. MME LAVALLETTE BRIGITTE Répondre

    La colonisation à grande échelle n’a pas été très respectueuse….!

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