Cet évènement marque un tournant considérable dans la quête d’indépendance de l’Ecosse. Voici l’histoire de la victoire écrasante de l’armée écossaise menée par Robert Bruce sur les anglais, bien plus nombreux.

La bataille de Bannockburn éclate en juin 1314 au nord-ouest d’Edimbourg, durant la première guerre d’indépendance écossaise. Les soldats anglais menés par Edouard II se confrontent aux soldats écossais dirigés par Robert Bruce. Suivez cet évènement majeur de l’histoire écossaise et la stratégie mise en place par ce roi considéré comme un héros national.

UN COMBAT POUR L’INDEPENDANCE DEJA ENTAME

Portrait de Robert Bruce par Edward Harding en 1797
Portrait de Robert Bruce par Edward Harding en 1797

Depuis le début du Moyen Age, les rois d’Angleterre prétendent être les suzerains du royaume d’Ecosse. Pourtant, ils ne réussissent pas à imposer leur autorité sur la noblesse locale. Le 25 mars 1306, Robert Bruce se fait couronner roi d’Ecosse. Il prend alors le nom de Robert Ier. Dès lors, son rival, Edouard Ier envoie ses troupes vers le Nord et met en déroute les forces écossaises. Le roi écossais voit sa tête mise à prix et il doit entrer dans la clandestinité.

En 1307, Edouard Ier décède. Son fils, Edouard II, attend 1310 pour lancer une nouvelle campagne en Ecosse, qui échoue. C’est une aubaine pour Robert Bruce qui entre temps, reprend la plupart des châteaux aux mains des anglais.

En 1313, le frère de Robert, Edouard, assiège le château de Stirling. Edouard II organise cette fois-ci une expédition pour lever le siège et vaincre l’armée écossaise.

LES PREPARATIFS D’UNE BATAILLE CONSIDEREE COMME PERDUE D’AVANCE

La bataille s’annonce difficile pour les écossais en infériorité numérique : ils ne sont qu’entre 5 000 à 10 000 soldats. Face à eux, l’armée anglaise compte 2 000 à 3 000 chevaliers et 16 000 à 20 000 archers, hommes d’armes ou simples paysans. Mais Robert Bruce a un avantage : le choix du terrain sur des terres qu’il connaît parfaitement.

Il choisit une position en hauteur, adossée à la colline de Gillies Hill, accessible facilement que de front. Effectivement, son armée est protégée par des marais et marécages et sur le front coule la rivière Bannock.

Mais Robert prévoit une charge de chevalerie contre son aile gauche. Il fait donc creuser des trous d’un mètre de profondeur qu’il dissimule sous des branchages. Les écossais piègent le sol en rependant des chausses trappes. L’objectif est de concentrer l’assaut ennemi et de le faire tomber dans le piège…

LA BATAILLE DE BANNOCKBURN : ÉVÉNEMENT MARQUANT DE L’HISTOIRE ÉCOSSAISE

Le 23 juin 1314 éclate la bataille de Bannockburn. Durant deux jours, les troupes écossaises résistent à l’assaut anglais grâce à une technique de combat bien rodée. En effet, Robert Bruce décide d’utiliser la tactique des schiltrons, précédemment employée par William Wallace pendant la bataille de Falkirk (si si, dans Braveheart avec Mel Gibson).

Qu’est-ce qu’un schiltron ?

Phalange macédonienne (Source : Depiction of a Macedonian phalanx: this graphic was first published in May, Elmer; Stadler, Gerald; Votaw, John; Griess, Thomas (series ed) (1984) Ancient and Medieval Warfare: The History of the Strategies, Tactics, and Leadership of Classical Warfare, New Jersey, United States : Avery Publishing Group )
ISBN : 
0-89529-262-9.
Phalange macédonienne (Source : Depiction of a Macedonian phalanx: this graphic was first published in May, Elmer; Stadler, Gerald; Votaw, John; Griess, Thomas (series ed) (1984) Ancient and Medieval Warfare: The History of the Strategies, Tactics, and Leadership of Classical Warfare, New Jersey, United States : Avery Publishing Group )
ISBN : 
0-89529-262-9.

Déjà utilisée sous l’Antiquité, cette technique consiste en une formation dense de piquiers sur plusieurs rangs. Robert Bruce organise son armée en trois lignes, ses soldats à l’arrière du dispositif. Cet ensemble forme un mur contre lequel viendra se briser toute charge de cavalerie ou d’infanterie.

Les schiltrons couplés aux fossés creusés permettent aux écossais de prendre l’avantage. C’est avant tout une tactique défensive, mais le schiltron peut également devenir offensif. C’est ce que montre Robert Bruce pour la première fois en 1314 !

ROBERT BRUCE : ROI ET HEROS NATIONAL

Avant la bataille, Robert Bruce s'adresse à ses troupes
Source : Edmund Bleigh, Leighton (1909) «Richard III at the Battle of Bosworth» dans Cassell's History of England, vol. 1 (The King's Edition ed.), London, New York, Toronto & Melbourne : Cassell and Company, pp. p. 373
Avant la bataille, Robert Bruce s’adresse à ses troupes
Source : Edmund Bleigh, Leighton (1909) «Richard III at the Battle of Bosworth» dans Cassell’s History of England, vol. 1 (The King’s Edition ed.), London, New York, Toronto & Melbourne : Cassell and Company, pp. p. 373

Robert Bruce apparaît alors non seulement comme un roi, mais également un héros national prêt à tout pour défendre l’indépendance de l’Ecosse. Avant la bataille, il prononce un célèbre discours à ses troupes donc voici les premiers mots :

Écossais qui a versé le sang avec Wallace

Écossais que Bruce a si souvent menés

Accepte de mourir

ou de vaincre !

Ce discours entre dans l’histoire et il est encore prononcé plusieurs centaines d’années après ! En 1793, le poète écossais Robert Burns le met en vers sous le titre « La marche de Robert Bruce vers Bannockburn ». Il devient même l’hymne patriotique écossais officieux avant d’être supplanté par « The flower of Scotland ». Cela montre à quel point cette bataille est importante aux yeux des écossais !

ROBERT THE BRUCE, UNE SUITE DE BRAVEHEART

Le combat de l’Ecosse pour l’indépendance et la figure de Robert Bruce sont une source d’inspiration pour le cinéma et une vraie fascination pour le public. Attention, tout n’est pas historiquement vrai !

Le film Robert the Bruce, sorti en 2019, se veut être une suite de Braveheart. Dans l’adaptation de 1995, on suit le destin tragique de William Wallace. Ici, on suit les premières années du règne de Robert Bruce dans la clandestinité, jusqu’à la bataille de Bannockburn.

Netflix s’y est même mit, avec son long métrage « The outlaw king » (le roi hors-la-loi) en 2018. On suit la lutte de Robert Bruce pour la lutte d’indépendance de l’Ecosse. Et une très belle scène figure la bataille de Bannockburn et, notamment, les dégâts provoqués par les schiltrons.

CONCLUSION

A la suite de cette bataille mémorable l’Angleterre mettra longtemps à reconnaître l’indépendance de l’Ecosse. En effet, le traité d’Edimbourg-Northampton est signé seulement le 17 mars 1328 ! Il garantit donc l’indépendance de l’Ecosse, et la légitimité de Robert the Bruce en tant que roi. Sans cette victoire décisive, il n’aurait surement jamais eu lieu. Pour les anglais, cette défaite provoque une remise en cause de leur stratégie. Et cela impactera considérablement leurs techniques de combat lors des combats de la guerre de Cent Ans !

L’Ecosse acquiert son indépendance jusqu’en 1603, date à laquelle Jacques VI, descendant de Bruce, devient le souverain des deux pays. Mais l’Ecosse et l’Angleterre restent indépendants jusqu’en 1707. 

L’histoire du pays du chardon est passionnante, vous ne trouvez pas ? Et encore aujourd’hui, il semble que l’indépendance du pays soit encore au goût du jour pour nombre d’écossais…

Pour en savoir plus sur la formation tactique utilisée par les écossais.

Vous voulez en savoir plus sur l’Ecosse ? N’hésitez pas à découvrir l’article sur la cornemuse ! Découvrez également un autre évènement qui a marqué l’histoire, la bataille de Shiroyama.

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Par  Morgane Lelong ,

Diplômée d'un Master Gestion du Patrimoine Culturel, je suis désormais Conseillère en séjour touristique chargée de développement culturel pour l'office de tourisme Terres et Merveilles Baie de Somme à Saint-Riquier. Passionnée par ma région, il me tient à cœur de mettre en avant les richesses qu'elle recèle ! Passionnée de lecture et d'histoire médiévale, je suis également une grande curieuse. J'ai soif d'apprendre et j'adore transmettre, vous l'aurez comprit !

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