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En ce 9 mai, retournons quelques siècles en arrière, en 1754. À cette date, Benjamin Franklin publie une caricature politique « Join or Die ». Elle sera considérée comme étant la première des États-Unis.

Célèbre et réutilisée à maintes reprises par la suite, cette caricature a marqué les esprits et est devenue un véritable symbole politique. Que représente-t-elle ? Quelle portée a-t-elle eu ? Retour sur ce dessin édité par le père fondateur des États-Unis dans son journal la Pennsylvania Gazette.

« Join or Die » : zoom sur la célèbre caricature politique publiée par Benjamin Franklin

Portrait de Benjamin Franklin
Portrait de Benjamin Franklin

« Join or die », que l’on peut traduire en français par « S’unir ou périr » est la première représentation picturale de l’union coloniale. C’est dans la Pennsylvania Gazette que Benjamin Franklin la publie le 9 mai 1754.

Il s’agit d’une gravure sur bois montrant un serpent divisé en huit parties symbolisant les colonies. Sous chaque segment figurent les initiales d’une colonie américaine ou d’une région. On peut y lire :

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  • « N.E » pour New England (la Nouvelle-Angleterre qui regroupe les 4 colonies dont le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut et Rhode Island),
  • « N.Y » pour New York,
  • « N.J » pour New Jersey,
  • « P » pour Pennsylvania (Pennsylvanie),
  • « M » pour Maryland,
  • « V » pour Virginia (Virginie),
  • « N.C » pour North Carolina (Caroline du Nord),
  • « S.C »  pour South Carolina (Caroline du Sud).

On remarque que la Géorgie et le Delaware ont été volontairement laissés de côté

Et pour cause, Franklin ne pensait pas que la Géorgie pouvait contribuer à la défense coloniale. Pour le Delaware, la raison est toute autre : la région partage un gouverneur avec la Pennsylvanie.

Une volonté d’unifier les colonies

Cette caricature apparaît dans un contexte colonial complexe où Anglais et Français se prêtent des guerres sanglantes. Pour faire face à une grande agression française, Benjamin Franklin réfléchit alors à l’éventualité d’une alliance volontaire des colonies. Selon lui, les défaites étaient liées à l’état désunifié des colonies. Incapables de mettre en place des mesures efficaces et rapides pour assurer la défense et la sécurité.

Pour porter sa voix, il publie un article passionné à ce sujet dans son journal. Il met en garde sur le danger que représente l’envahisseur français dans un scénario catastrophique. Pour appuyer son message, il joint le fameux dessin « Join or die » avec un objectif précis en tête : réussir à unifier les colonies.

Fortement impliqué dans cette cause, Franklin se prépare à rejoindre son rang de délégué pour une conférence à Albany, connue comme étant le Congrès d’Albany. L’objectif : faire front contre la menace française et travailler sur un traité avec la confédération iroquoise. Autour de la table se réunissent les représentants des sept colonies : le Connecticut, le Maryland, le Massachusetts, New York, le New Hampshire, la Pennsylvanie et Rhode Island.

L’impact de Join or Die

Dès sa parution, l’image est devenue emblématique et a attiré une grande attention. C’est la première fois qu’on utilise une illustration pour tenter de persuader l’opinion publique. Elle devient rapidement un symbole politique repris dans de multiples journaux coloniaux.

Pendant le Congrès d’Albany, Benjamin Franklin propose un gouvernement colonial unifié. Celui-ci est approuvé par le Congrès. Mais le gouvernement britannique et les colonies n’y donneront jamais suite. Les Britanniques envoient leur propre armée pour combattre dans la guerre française et indienne. Benjamin Franklin n’a donc pas atteint son objectif d’unification.

Même si le dessin n’a pas réussi à accomplir l’objectif escompté, il a commencé sa propre vie et a eu un impact important. Persuasive et puissante, l’image du serpent est réapparue à plusieurs reprises dans sa version initiale et dans des versions modifiées :

  • Pendant la crise de la loi sur le timbre dans des journaux coloniaux.
  • Pendant la guerre d’indépendance américaine : les colons l’ont réutilisé comme symbole d’unité face à la domination britannique, parfois dans une tête de mât.
  • Pendant la guerre de Sécession.

Le serpent : une symbolique forte

À l’origine de la caricature, on soupçonne Benjamin Franklin de s’être inspiré d’une illustration publiée en 1685 dans un livre français. L’image représentait un serpent coupé en deux avec le slogan « Join or Die ». Il aurait aussi pu s’inspirer des dessins de serpents à sonnette de l’historien Mark Catesby.

À la symbolique forte, le serpent représente le folklore de l’époque. La croyance voulait qu’un serpent coupé en morceau pût revenir à la vie si ses parties étaient réunies avant le coucher du soleil. C’était une représentation de renouvellement et de la régénération. Cela donne tout son sens à l’image : tout comme le serpent, les colonies jusqu’alors divisées s’apprêtent à s’unifier pour ne faire qu’un morceau.

Aujourd’hui encore, la caricature reste une des plus célèbres jamais publiées.

Mais au fait, qui est Benjamin Franklin ?

Signature de la constitution des états-unis
Signature de la constitution des états-unis

Benjamin Franklin est né le 17 janvier 1706 à Boston et décédé le 17 avril 1790 à Philadelphie. Durant son existence, il porte plusieurs casquettes. Il est à la fois imprimeur, éditeur, écrivain, naturaliste, inventeur et homme politique américain. Il est considéré comme l’un des personnages les plus illustres des États-Unis.

Homme aux multiples vies, il possède à son actif de nombreuses découvertes. Parmi les plus connues, on retient l’invention du paratonnerre, du poêle à combustion, de l’harmonica de verre, des lunettes à double foyer et celle du catheter urinaire.

Il commence sa carrière politique en 1736, lorsqu’il devient secrétaire de l’Assemblée de Pennsylvanie. En parallèle, il crée la première compagnie américaine de pompier, puis met en place l’Académie de Philadelphie (actuelle Université de Pennsylvanie).

En 1764, Franklin devient l’agent des colonies auprès de la couronne d’Angleterre. Il rejoint, six ans plus tard, le mouvement d’indépendance, et en devient ambassadeur à Paris.

À son retour en Amérique, il participe à la rédaction de la déclaration d’indépendance des États-Unis et en est signataire

Il devient alors l’un des pères fondateurs des États-Unis d’Amérique.

Les dernières années de sa vie (de 1785 à 1788), Benjamin Franklin est nommé Président de l’État de Pennsylvanie. C’est pendant cette période qu’il participe à l’élaboration de la Constitution des États-Unis.

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Par Margaux Simonnet ,

D’abord attachée de presse et chef de projet événementiel, j’ai pris le virage de la rédaction web après une aventure néo-zélandaise. Ma curiosité intarissable se nourrit dans mes voyages et la culture sous toutes ses formes. Ce qui m’anime ? La découverte et le partage de sujets exaltants.

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