L’Apartheid en Afrique du Sud est l’un des exemples les plus connus de ségrégation raciale. Son abolition, en 1991, a marqué un tournant décisif pour l’histoire du pays. Qu’est-ce que l’Apartheid ? Quelles sont les conséquences de sa suppression ? Découvrez tout de suite comment le 17 juin 1991 a changé le visage de l’Afrique du Sud.

L’abolition des dernières lois de l’Apartheid en Afrique du Sud le 17 juin 1991

Entrée de l’Apartheid Museum de Johannesburg, Afrique du Sud / ©Kandukuru Nagarjun / Flickr CC-BY-2.0
Entrée de l’Apartheid Museum de Johannesburg, Afrique du Sud / ©Kandukuru Nagarjun / Flickr CC-BY-2.0

Le 17 juin 1991, les élus sud-africains suppriment les dernières lois ségrégationnistes. Parmi elles, celle sur la classification de la population, l’une des trois mesures clés de l’Apartheid. Leur mise en application, dès le 1er juillet suivant, met fin à quatre décennies de discrimination raciale. En février, le président Frederik de Klerk avait annoncé sa volonté d’abroger ce système politique.

Arrivé au pouvoir en 1989, il avait déjà légalisé le Congrès national africain et fait libérer Nelson Mandela. Lui-même emprisonné depuis 27 ans. L’abolition de l’Apartheid tient à plusieurs facteurs, dont le long combat mené par ses victimes. À la suite de son annonce, la communauté internationale lève les sanctions économiques et politiques prises contre l’Afrique du Sud.

Au fait, qu’est-ce que l’Apartheid ?

Landing of van Riebeeck at the Cape of Good Hope, 1652, de Charles Davidson Bell (1850) / tableau représentant la fondation de la première colonie européenne en Afrique du Sud
Landing of van Riebeeck at the Cape of Good Hope, 1652, de Charles Davidson Bell (1850) / tableau représentant la fondation de la première colonie européenne en Afrique du Sud

L’Apartheid, « l’état de séparation » en afrikaans, est une politique de ségrégation raciale des populations. Instaurée en Afrique du Sud dans les années 1950, elle se basait sur des critères ethniques. Sa mise en place témoigne des mentalités de la population blanche sud-africaine de l’époque. Dans ce pays marqué par la colonisation, la discrimination faisait déjà parti des mœurs…

En 1948, le Parti national, dirigé par Daniel Malan, remporte les élections législatives. S’appuyant sur une doctrine recommandant le « développement parallèle et séparé des races », le nouveau gouvernement instaure officiellement un système de séparation.

Les trois lois piliers de l’Apartheid ont été votées entre 1950 et 1953 :

  • la loi d’habitation séparée (27 avril 1950), pour une répartition raciale des zones de logement ;
  • la loi de classification des populations (22 juin 1950), qui distingue quatre catégories raciales : les Blancs, les Noirs, les Métis et les Indiens ;
  • les équipements publics distincts (5 octobre 1953), qui valide la ségrégation des aménagements publics.

Il faudra attendre le massacre de Sharpeville (1960) et les émeutes de Soweto (1976) pour que des réformes voient le jour. Entre temps, les actes d’opposition à l’Apartheid se sont amplifiés au sein du pays. Symbole de cette résistance à l’oppression, Nelson Mandela fut emprisonné de 1962 à 1990.

1994 : les premières élections multiraciales en Afrique du Sud

Travelling Light / ©Paul Weinberg / Cliché pris à Pietermaritzburg, Afrique du Sud, en 1986 / Wikimedia Commons CC-BY-SA 2.0
Travelling Light / ©Paul Weinberg / Cliché pris à Pietermaritzburg, Afrique du Sud, en 1986 / Wikimedia Commons CC-BY-SA 2.0

Moins de trois ans après la fin de l’Apartheid, l’Afrique du Sud organise ses premières élections multiraciales. Du 26 au 29 avril 1994, tous ses citoyens sont appelés aux urnes avec les mêmes droits civiques. La plupart des partis politiques sont représentés ; seuls le parti conservateur et l’extrême-droite ont appelé au boycott. Si le scrutin s’est déroulé sans heurts, il a fait l’objet de mesures de sécurité renforcées. La semaine précédente, une vague d’attentats avait fait 21 morts et 150 blessés. Avec une participation historique, le Congrès national africain remporte les élections. Nelson Mandela devient le premier président noir d’Afrique du Sud. Frederik de Klerck, avec qui il a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 1993, sera son vice-président.

La fin de l’Apartheid en juin 1991 marque un tournant majeur pour l’Afrique du Sud. Cependant, si l’élection de Nelson Mandela a eu une forte portée symbolique, d’importantes inégalités sociales subsistent toujours entre Blancs et non-Blancs. Pour en savoir davantage sur l’Apartheid en Afrique du Sud, n’hésitez pas à découvrir les films Pleure, ô mon pays bien-aimé, de Zoltan Korda, et Goodbye Bafana, de Bille August.

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Par  Gwennaelle Massart ,

Passionnée de littérature, d’art et d’Histoire, j’ai grandi au milieu des livres avant d’entamer des études de Lettres. Depuis, je suis devenue rédactrice web SEO freelance pour vivre mes propres aventures. Dans mes articles, je voyage à travers l’espace et le temps pour partager avec vous mes découvertes culturelles. On y va ?

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