Depuis toujours, l’art évolue au fil des civilisations. Notre époque, marquée par la prise de conscience de la crise écologique qui nous menace, voit donc émerger des artistes engagés pour la sauvegarde de notre planète. Musique, cinéma ou art contemporain entre alors dans la tendance écologique, les artivistes sont partout !

La scène musicale française joue la note écolo

Dans les pionniers, on retrouve le groupe Tryo

Ils défendent leur sensibilité écologique dans des textes contestataires et poétiques. On se souvient du fameux Hymne de nos campagnes (1998), qui met en opposition le rythme étouffant de la ville face à une vie proche de la nature. Plus récemment, avec leur titre Greenwashing (2012), ils pointent du doigt la tendance écologique dans le marketing. Le groupe affiche également son soutien auprès de diverses associations comme Greenpeace, Sea Shepherd ou Kokopelli.

Tryo – Greenwashing (Clip officiel)

Mais l’engagement pour la protection de l’environnement n’est pas réservé aux « hippies » ou aux « rastas ».

Shakaponk, groupe de rock alternatif, punk et zen (comme ils aiment le rappeler) n’est pas en reste. Lors des Victoires de la Musique 2019, le chanteur Frah a profité de leur passage sur scène pour lancer un appel à la mobilisation face à la crise écologique.

Shaka Ponk. victoires de la musique 2019/ discours Frah + live

Ce n’est pas la fin du monde ce soir. C’est la fin du monde demain […] Ce qui est paradoxal, c’est qu’on a tous le pouvoir d’empêcher la fin du monde, c’est un pouvoir qu’on a et qu’on a oublié 

Proclamation de Frah sous les acclamations du public

Et leur élan s’est étendu au-delà du monde de la musique.

Ils visent un mouvement de masse lorsqu’ils lancent, aux côtés de la Fondation pour la Nature et pour l’Homme, le collectif The Freaks. Cette soixantaine d’artistes et de personnalités en tout genre se sont engagés à intégrer dans leur quotidien des écogestes. Ce sont au total 42 (un hasard ?) « gestes pour sauver l’homme et la planète » comme l’affiche leur site. On retrouve parmi eux : réduire sa consommation de viande, privilégier les achats de seconde main ou encore choisir un fournisseur d’électricité 100% renouvelable.

Même si l’initiative est louable, ce n’est pas la première fois qu’on nous rabâche ces « petits pas ». Difficile ici de ne pas tomber dans la culpabilisation du citoyen qui doit faire des efforts face aux multinationales incontrôlables et impunies. On peut alors se demander à qui profite vraiment cette stratégie des solutions individuelles. Aux politiques qui se reposent sur l’engagement citoyen mais qui n’accordent que peu de budget aux solutions à grande échelle ? Aux grandes entreprises qui attendent la demande des consommateurs pour pouvoir surfer sur la vague verte ? Ou à la planète ?

Sensibilisation sur grand écran

Quand on pense écologie au cinéma, on pense à la classique Vérité qui dérange (2006) de Davis Guggenheim avec Al Gore, au Monde selon Monsanto (2008) de Marie-Monique Robin, ou encore à Home (2009) de Yann Arthus-Bertrand. Et la tendance s’est accélérée ces dernières années, avec les notables Demain (2015) de Cyril Dion et Mélanie Laurent, et Avant le déluge (2016) avec Leonardo DiCaprio.

Avec l’essor de Netflix, nous pouvons maintenant profiter de centaines de documentaires traitant d’écologie.

Ironique si on pense à la pollution générée par ce géant d’internet dont les serveurs carburent aux énergies fossiles ?. En bref, un bel engouement du public, que le 7ème art a su saisir.

En parallèle à ces grandes productions, on trouve aussi de nombreux artistes qui exposent leur point de vue et leur sensibilité derrière la caméra.

Pour les découvrir, il existe notamment le festival FReDD (Film, Recherche et Développement Durable). Porté par une association fondée en 2012, cet évènement a pour but de mettre en avant des films traitant des enjeux environnementaux. Court-métrages, films de science ou films panorama, les œuvres présentées questionnent le spectateur et ouvrent le débat. Chaque année, un film est récompensé dans chaque catégorie, lui offrant ainsi soutien financier et visibilité.

Ouvert à toute forme d’expression audiovisuelle, le FReDD anime l’émission « Radio Climat ça chauffe ! » et propose le Prix Radiophonique d’Écologie, en partenariat avec RadioTer.

L’association s’attache également à développer du lien entre le monde culturel et la recherche scientifique. Ainsi, le FReDD encourage la création d’œuvres artistiques de différentes formes, pour diffuser des messages percutants, basés sur des bonnes connaissances scientifiques. Un joli mélange de créativité, d’engagement et d’éducation.

Quand l’art répond aux enjeux sociétaux

L’art contemporain nous livre lui aussi ses plus belles œuvres assaisonnées à la sauce écolo. Quelle aubaine alors pour les collectivités quand les artistes se mettent au service du territoire. C’est ce que récompense chaque année le Prix COAL Art et Environnement. Les porteurs de projets artistiques conçus pour répondre aux problématiques écologiques d’un territoire peuvent participer à ce concours thématique (par exemple sur la forêt pour l’édition 2021).

COAL est une association qui promeut une culture de l’écologie et souhaite transformer les territoires via l’art

Créée en 2008, elle collabore avec divers acteurs institutionnels, économiques et scientifiques pour diffuser largement les connaissances sur le sujet. Ainsi, COAL a réalisé de nombreuses expositions d’art contemporain partout en France, des évènements ou encore l’Agenda Culturel de la COP21 (ArtCOP21). Soutenu par l’UNESCO, l’Union Européenne, et de nombreuses institutions et collectivités, ce projet semble être une bonne occasion pour créer du dialogue entre des mondes souvent éloignés, et permettre l’émergence de solutions collectives et adaptées.

Alors aujourd’hui, difficile de passer à côté du message écologique qu’on nous matraque à toutes les sauces. Si l’art est un domaine où l’on peut s’affranchir des codes marketing de notre société hyper consommatrice, attention à ne pas tomber dans le piège du greenwashing. Même si la cause écologique reste l’enjeu majeur de notre époque, et qu’il est indispensable d’en parler pour faire bouger les choses, il est prudent de garder un œil critique sur les intérêts de ses défenseurs.

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Par  Elena Memmi ,

Nomade, passionnée d'écriture et touche à tout, je parcours la France et l'Europe pour vivre sobrement et être proche de la nature. J'écris aussi bien des articles que des fictions, je travaille dans des fermes et je suis bénévole pour des associations qui me tiennent à cœur. Mon sujet de cœur est l'écologie mais je m'intéresse tout autant aux sciences et à l'art.

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