Le 21 octobre 1805 a lieu l’une des batailles navales les plus connues. Victoire britannique et défaite française, (re)découvrez cette bataille marquée par un « coup de Trafalgar » !

Stratégie navale remarquablement menée par l’amiral Nelson contre la flotte franco-espagnole, la bataille de Trafalgar restera dans les esprits. Pourquoi a-t-elle eu lieu et quelles en sont les conséquences ?

Dans quel contexte a lieu la bataille de Trafalgar ?

Le 25 mars 1802 est signé le traité d’Amiens entre la France et l’Angleterre. Cela initie la Paix d’Amiens entre les deux puissances, mais cette trêve ne sera que de courte durée. Ce traité ne mène pas à des accords marchands de la part de la France qui poursuit une politique protectionniste. En refusant de s’ouvrir à la Grande Bretagne et en montrant clairement un projet d’expansion coloniale, Napoléon n’entretient pas cette Paix.

Le 16 mai 1803, la Grande Bretagne décrète l’embargo sur les navires français et hollandais. Ce à quoi Napoléon répond avec l’envie d’envahir l’Angleterre.

Tableau d'Auguste Mayer, le bucentaure, un vaisseau-amiral Français mis hors de combat par le HMS Victory
Tableau d’Auguste Mayer, le bucentaure, un vaisseau-amiral Français mis hors de combat par le HMS Victory

Le contexte naval des flottes françaises et britanniques

Les opérations maritimes ont débuté le 30 mars 1805 lorsque la flotte du vice-amiral de Villeneuve quitte Toulon pour un long périple. Elle fait un détour aux Antilles pour revenir en Europe en juillet, détour censé tromper les Anglais et établir une jonction de différentes escadres françaises en Mer du Nord pour envahir l’Angleterre. Mais, bloqué par Nelson vers le Finistère, Villeneuve fait demi-tour le 15 août pour Cadix, non loin du Cap de Trafalgar.

Villeneuve est à Cadix et la flotte britannique le bloque. Napoléon souhaiterait que sa flotte regagne Toulon. L’invasion de l’Angleterre n’est plus d’actualité : les troupes se dirigent vers le Rhin, pour la campagne d’Allemagne de 1805, clôturée par la célèbre bataille d’Austerlitz.

Villeneuve ne veut pas céder son commandement

L’indétermination de Villeneuve exaspère Napoléon qui décide de le remplacer. Il désigne ainsi l’amiral Rosily. Apprenant cela, Villeneuve décide d’engager le combat avec les Anglais ; non pas pour simplement défendre son honneur, mais pour ne pas céder sa place à Rosily dont l’arrivée est imminente.

Le 21 octobre, Villeneuve et la flotte franco-espagnole se dirige vers Gibraltar, et non loin du cap de Trafalgar, les anglais arrivaient, en deux colonnes, perpendiculairement à la ligne franco-espagnole. Impossible de faire demi-tour, la bataille s’engage.

La tactique britannique : briser la ligne

La flotte franco-espagnole livre bataille à la flotte britannique, menée par l’Amiral Nelson. A ce moment-là, la flotte britannique est en infériorité numérique : 27 bâtiments pour les Anglais contre 33 pour la flotte de Villeneuve.

Toutefois, Nelson, fin stratège, divise sa flotte en deux colonnes pour rompre la ligne franco-espagnole. Les deux colonnes britanniques arrivent de front et isolent le centre de la ligne de Villeneuve et expulsent l’avant-garde. De plus, attaquer la ligne en colonne permet de ne présenter que peu de surface pour être le moins touché possible, contrairement aux français qui sont de flanc. 

Plan de la bataille de Trafalgar datant du 2 janvier 1806 et envoyé au ministre de la Marine Et des colonies. Cote : AE/III/230. Date du document : 2 janvier 1806. Papier.   32,5 x 20 cm
Plan de la bataille de Trafalgar datant du 2 janvier 1806 et envoyé au ministre de la Marine Et des colonies. Cote : AE/III/230. Date du document : 2 janvier 1806. Papier. 32,5 x 20 cm

Une victoire britannique

La mauvaise coordination de Villeneuve fait défaut à l’avantage numérique de sa flotte. La tactique de l’amiral Nelson laisse des navires franco-espagnols isolés que les britanniques vont prendre.

Résultat : les britanniques capturent 17 navires français et en coulent 4. La flotte franco-espagnole compte 4400 décès, 2500 blessés et plus de 7000 prisonniers. La flotte britannique, quant à elle, ne perd aucun de ses navires, et compte 400 décès, dont celui de l’amiral Nelson.

Un vrai « coup de Trafalgar » ?

La bataille a donné lieu à une expression : « un coup de Trafalgar ». Cela désigne un coup inattendu aux conséquences désastreuses. La bataille navale était un vrai coup de Trafalgar en ce qui concerne les conséquences pour la France. En effet, la flotte est désintégrée. Tout espoir de conquête maritime s’évapore pour Napoléon.

En revanche, la stratégie de Nelson n’était pas si inattendue pour Villeneuve. Cette stratégie était, à ce moment-là, une tactique navale connue et efficace, d’autant plus que Villeneuve et Nelson s’étaient déjà affronté quelques années auparavant, à Aboukir, en 1798.

Les conséquences de la bataille

Au terme de la bataille, Villeneuve est prisonnier. Il se suicidera à sa libération. Le corps de Nelson, mort au combat, est ramené à Londres où sont organisées des funérailles nationales.

Cette bataille assoit la domination navale de l’Angleterre et avorte tous les projets d’invasion de Napoléon. Ce dernier délaisse la flotte française pour mener des combats au sol contre la troisième coalition.

Le héros de la bataille de Trafalgar : l’amiral Horatio Nelson

Horatio Nelson trouva la mort à Trafalgar mais il avait montré ses talents tactiques à plusieurs reprises.

Il commence à 13 ans comme simple matelot pour ensuite intégrer la marine d’expédition, la marine marchande, puis enfin la Royal Navy.

Ce que l’on retient de lui est la fougue qu’il mène dans ses combats. Tacticien jusqu’au bout, il manie l’art de la communication. Ce sont donc les victoires qui sont gardées en mémoire par l’opinion publique, et non ses nombreuses désobéissances et prises de risque.

Nelson est devenu un héros glorieux, mort au combat qui a mené à la victoire et à la domination maritime de l’Angleterre.

La bataille de Trafalgar devenue un symbole pour l’Angleterre

Le HMS Victory, le vaisseau de l’amiral Nelson, est conservé dans la Royal Navy comme relique de ce combat devenu mythique. Pour preuve, la victoire de Trafalgar a été célébrée par le Trafalgar Day, aujourd’hui tombé dans l’oubli.

Mais, un symbole qui ne peut se perdre dans les mémoires concernant cette bataille : Trafalgar Square. Cette célèbre place de Londres sur laquelle est érigée une statue de l’amiral Nelson fait référence à cette victoire et à son héros.

Colonne Nelson à Trafalgar Square, Londres
Colonne Nelson à Trafalgar Square, Londres

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Par  Emilie Mezzana,

Diplômée d'un master de philosophie et de psychanalyse, je suis passionnée par l'écriture et aime manier les concepts. Intéressée par de nombreux sujets, ce qui me captive et m'émeut particulièrement : l'humain, ses failles, le tout enrobé d'un peu d'abstraction et de poésie.

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