Le rôle déterminant de l’éducation dans la construction de chaque être humain – et a fortiori celle de notre société – n’est plus à prouver. C’est d’ailleurs l’importance capitale du sujet qui le place souvent au cœur des débats. Les méthodes d’enseignement traversent les années en s’adaptant aux réalités mouvantes des françaises et français. Quelles sont les évolutions qui font de l’éducation un outil de liberté puissant et quels sont les éléments susceptibles de la freiner dans cette quête ?

Qu’est-ce que l’éducation ?

L’apprentissage des bonnes manières pour les uns, l’enseignement d’un ensemble de matières théoriques pour les autres, l’éducation est un vaste sujet qui traverse les siècles avec plus ou moins d’agitation. 

Pour comprendre sa signification, ouvrons le dictionnaire de la langue pédagogique de Paul Foulquié. Premier indice, et pas des moindres, le terme d’éducation vient du latin dux, ducis qui signifie “guide, chef” et sur lesquels se forment les verbes educere “conduire hors de” et educare “élever, former, instruire”.

Il s’agirait donc d’aider les individus à évoluer. Mais pourquoi ?

De Platon à Alain, en passant par Rousseau, une longue tradition de pensée converge en un point. L’éducation autorise une acquisition de savoirs qui libère celles et ceux qui les acquièrent.

C'est quoi le pouvoir de la connaissance ?
C’est quoi le pouvoir de la connaissance ?

L’éducation est surtout une affaire de philosophie et sa vertu émancipatrice en est le fondement premier. Sortir des préjugés, s’éloigner des conventions, construire ses propres schémas de pensée… Autant d’opportunités de transformation qui font de l’éducation un outil indispensable à notre développement en tant qu’être humain.

Si nous devions nous arrêter sur une définition, nous pourrions retenir celle proposée par la Ligue internationale d’éducation nouvelle.

L’éducation consiste à favoriser le développement aussi complet que possible des aptitudes de chaque personne, à la fois comme individu et comme membre d’une société régie par la solidarité. L’éducation est inséparable de l’évolution sociale ; elle constitue une des forces qui la déterminent.

La seconde partie de cette interprétation est d’ailleurs tout aussi éloquente :

Le but de l’éducation et ses méthodes doivent donc être constamment révisés, à mesure que la science et l’expérience accroissent notre connaissance de l’enfant, de l’Homme et de la société.

Les grandes évolutions du système éducatif français en faveur de plus de liberté

L’éducation est un outil de développement aussi incroyable qu’indispensable pour les êtres humains. Aussi se doit-elle d’être accessible à toutes et à tous. La France semble l’avoir bien compris. En 1881, elle rend l’école primaire publique obligatoire, laïque et gratuite. L’enseignement secondaire lui emboîte le pas en 1933. C’est certainement la plus grande révolution de l’éducation en France.

À partir de la fin des années 1950, l’État français favorise la généralisation de la mixité scolaire. On dit adieu à l’école des filles et à l’école des garçons. Le système éducatif demeure toutefois plutôt rigide. Il faudra attendre mai 68 pour que le cadre strict et la discipline laissent place à plus de liberté.

En effet, l’enseignant·e passe de précepteur·rice dont la parole ne peut être remise en question à celui de guide. Comme le préconisait Platon quatre siècles avant Jésus-Christ. Un bon en avant est parfois synonyme de retour en arrière. Cela se vérifie aussi pour l’éducation !

Par exemple, l’estrade qui plaçait le ou la professeur(e) au-dessus de ses élèves a été remerciée. Il ou elle est désormais à leur niveau. Même sort pour l’uniforme scolaire. Les élèves peuvent aujourd’hui porter les vêtements qu’ils ou elles souhaitent. Enfin presque, à l’exception du crop top

C’est aussi à cette période que l’on assiste à la création des foyers socio-éducatifs. Les parents sont intégrés à l’institution scolaire.

La valorisation indispensable de l’éducation artistique et culturelle

L’éducation artistique et culturelle est un vecteur formidable d’inspiration et d’ouverture sur le monde. Chez les jeunes – comme les moins jeunes – elle permet de cultiver la sensibilité, la curiosité, le plaisir de rencontrer des œuvres d’art. Mais aussi, de stimuler la créativité. Ce muscle servira aux futur·e·s adultes à imaginer et trouver les solutions de demain.

Une des grandes évolutions contemporaines du système éducatif est donc la mise en avant des activités culturelles, qui va plus loin que l’apprentissage de la marseillaise ou de Frère Jacques à la flûte à bec.

Pour permettre à plus de jeunes d’accéder à la culture sous toutes ses formes, le gouvernement a mis en place un parcours d’éducation artistique et culturel de l’élève (PEAC) en 2013. L’objectif est que l’ensemble des élèves suivent cet enseignement de l’entrée à l’école maternelle à 3 ans jusqu’à l’obtention du pass Culture à 18 ans.

L’idée est de proposer une éducation à l’art et par l’art selon trois grandes actions: les enseignements artistiques, les rencontres avec les artistes et les œuvres et les pratiques artistiques.

Charte pour l'éducation artistique et culturelle
Charte pour l’éducation artistique et culturelle

Les perspectives d’amélioration de l’éducation contemporaine en France

Comme nous venons de le voir, nombreuses ont été les révolutions éducatives. Et de nombreuses autres sont à venir. Pour en deviner leur nature, regardons de plus près ce que l’on reproche à l’école d’aujourd’hui. Quels sont donc les défis qui animent l’éducation contemporaine en France ?

Dans un premier temps, si l’école libère, elle peut aussi paradoxalement enfermer. Et ce, si elle ne tient pas compte des particularités de tous ses apprenant·e·s. Enfermer dans la case du ou de la “mauvais·e élève”, par exemple, à qui on fait sous-entendre qu’il ou elle est en-deçà des autres. Les modes de fonctionnement étant propres à chacun·e, l’éducation peut difficilement rester uniforme au risque d’être discriminante. Une reconnaissance et une valorisation de toutes les formes d’intelligence seraient assurément bénéfiques aux individus et à la société.

Afin d’accompagner les élèves vers une voix qui leur correspond profondément – et non parce que cela répond à des attentes sociales ou familiales par exemple – l’école pourrait aussi se présenter comme le partenaire privilégié dans la compréhension de soi, de ses aspirations et de ses rêves. Il en résulterait des individus plus heureux·euses et donc plus compétent·e·s dans l’exercice de leur métier.

En ce sens, enseigner aux élèves à comprendre et gérer leurs émotions incarnerait aussi un apprentissage éclairé qui les aiderait dans leur vie personnelle comme professionnelle.    

Enfin, bien qu’elle ne soit pas seule responsable des disparités et que des efforts soient fournis par l’État, l’école est encore – malgré elle – un berceau de reproduction des inégalités sociales. Cela se vérifie particulièrement au niveau des études supérieures.

Dès lors, même si l’éducation se veut de plus en plus inclusive et individualisée, quelques efforts restent à fournir pour qu’elle soit un espace d’épanouissement pour chaque élève. Mais on est sur la bonne voie !

Des pédagogies alternatives voient notamment le jour

A l’image de la méthode Freinet mise au point au début du vingtième siècle. Elle place les élèves comme acteur·rice·s de leur apprentissage en prenant compte du rythme de chacun·e et en privilégiant la collaboration à la compétition. Directement intégrée à l’éducation nationale, nombreux sont les membres du corps enseignant public qui s’en inspirent au quotidien.

L’éducation, c’est l’école de la vie, autant qu’elle soit le reflet de celle à laquelle on aspire réellement !

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Par  Charlotte Combret ,

Images :

Couverture : Photo by moren hsu on Unsplash

Photo 2 : Photo de Nothing Ahead provenant de Pexels

Photo 3 : Photo du site du gouvernement : www.education.gouv.fr

Rédactrice web SEO indépendante, j’aime creuser des sujets et soulever des questions. Aussi bien adepte de la prose de Mona Chollet que de celle de Damso, mes articles sont souvent le fruit d’influences culturelles très diverses. Utopiste et hypersensible, mon écriture se veut avant tout inclusive, dans tous les sens du terme.

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