Suivez-nous en Val de Loire ! De château en château, partons en balade le long du fleuve à la découverte de l’histoire remarquable, insolite ou confidentielle de ces monuments.

Il figure en bonne place au palmarès des destinations touristiques françaises

Le Val de Loire s’étend de Sully-sur-Loire dans le Loiret à Chalonnes-sur-Loire dans le Maine-et-Loire. Ce joli coin de France à cheval sur les régions Centre-Val de Loire et Pays de la Loire dispose de richesses naturelles, historiques et culturelles exceptionnelles. Depuis l’an 2000, il bénéficie d’un classement au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette reconnaissance est largement due à la présence, autour du fleuve royal, d’une multitude de châteaux rivalisant d’élégance et témoins des grandes heures de l’Histoire de France. Chambord, Chenonceau, Cheverny… Ces noms vous sont familiers mais connaissez-vous bien les châteaux de la Loire ?

Un des plus connu châteaux de la Loire : Chambord
Un des plus connu châteaux de la Loire : Chambord

1. Ils détiennent des records renversants

Le Val de Loire possède la plus grande concentration de châteaux dans le monde. On en compterait en effet près de 3000, même s’il n’existe pas de liste officielle établie.

Le château de Chambord, « châteaux des rois et roi des châteaux » présente des chiffres vertigineux. On y recense pas moins de 440 pièces, 282 cheminées et plus de 70 escaliers. Chambord et Chenonceau se disputent la première place du château le plus visité parmi ceux du Val de Loire. Implanté au cœur de la Sologne, le domaine national de Chambord constitue le plus grand parc forestier clos d’Europe.

Érigé en Anjou, le château de Brissac est le plus haut de France. Avec ses 7 étages et 204 pièces, il mérite bien son surnom de « Géant du Val de Loire ». Si vous vous demandez, à l’inverse, quel est le plus petit château de la Loire, il s’agit du château de Troussay. Cette gentilhommière Renaissance pleine de charme se cache entre vignes et forêt, sur la commune de… Cheverny !

Le plus petit château de la Loire : le château de Troussay
Le plus petit château de la Loire : le château de Troussay

Les bâtisseurs de certains châteaux ligériens ont parfois fait preuve d’originalité et d’audace. Pour preuve, le château de Montsoreau, dont la particularité être d’être le seul a avoir été construit dans le lit de la Loire. Il abrite aujourd’hui un centre d’art contemporain réputé. Le château de Brézé est une curiosité avec ses pièces souterraines et ses douves sèches, les plus profondes d’Europe. Le château de Chenonceau, quant à lui, est unique au monde, car il est le seul à être construit sur un pont.

Le plus haut des châteaux de France : le château de Brissac
Le plus haut des châteaux de France : le château de Brissac

2. Les châteaux de la Loire ont inspiré le monde des arts et des lettres

La Touraine est depuis des siècles source d’inspiration pour nos plus grands auteurs et artistes. Ce n’est pas un hasard si le château d’Ussé, semblant tout droit sorti d’un conte de fée, est surnommé « le château de la Belle au Bois Dormant ». C’est bien ce château qui a guidé l’imaginaire de Charles Perrault pour y planter le décor de l’histoire fabuleuse de la princesse endormie.

Dans Le Lys dans la vallée, le château d’Azay-le-Rideau est qualifié par Honoré de Balzac de « diamant taillé à facettes serti par l’Indre ». Qui d’autre que l’écrivain, enfant de la région, a pu rendre plus bel hommage à ce joyau de la Renaissance ?

Château d'Azay-le-Rideau
Château d’Azay-le-Rideau

Léonard de Vinci a trouvé au Clos-Lucé l’écrin de ses inventions novatrices. Depuis son logis donnant sur le château d’Amboise et la nature environnante, le génie italien a puisé matière à ses expérimentations les plus avant-gardistes.

Et ce n’est pas tout…

Le château de l’Islette a abrité dans les années 1890 les amours tumultueuses d’Auguste Rodin et Camille Claudel. C’est dans ce cadre paisible et ravissant que les artistes ont réalisé certaines de leurs œuvres majeures. Rodin travaillait sur son Balzac tandis que Claudel concevait le célèbre buste de « La petite châtelaine », inspirée par la petite-fille des propriétaires de l’époque.

Dans le Blésois, l’ombre de Pierre de Ronsard plane au romantique château de Talcy. Épris de la fille du maître des lieux, la jeune et belle Cassandre Salviati, le poète y a écrit pour sa muse quelques vers passés à la postérité : « Mignonne, allons voir si la rose… ».

Enfin, le château de Cheverny a largement inspiré le créateur de bandes-dessinées Hergé. En omettant ses pavillons latéraux, Cheverny est l’inspiration trait pour trait du fameux château de Moulinsart des Aventures de Tintin.

 Château de Cheverny
Château de Cheverny

3. Les châteaux de la Loire abritent des chefs-d’œuvre connus et méconnus

Le château d’Angers renferme un trésor de l’art médiéval unique au monde : la Tenture de l’Apocalypse. Celle-ci fut tissée vers 1375 à la demande du duc Louis Ier d’Anjou. Les six pièces que l’on peut admirer de nos jours au château d’Angers illustrent l’Apocalypse de Saint-Jean. Elles constituent le plus grand ensemble de tapisseries du Moyen-Âge jamais conservé. Sur ses 140 mètres de longueur à d’origine, une centaine a pu être sauvegardée.

 la Tenture de l’Apocalypse
la Tenture de l’Apocalypse

Entre Cheverny et Chambord, le château de Beauregard n’a pas à pâtir de l’ombre de ses prestigieux voisins. Il détient lui aussi un patrimoine remarquable, rassemblé dans sa Galerie des iIlustres datant du XVIIe siècle. Celle-ci, qui se distingue déjà par son pavage et son plafond richement ornementé, protège la plus importante collection de portraits de personnages historiques en Europe. 327 hautes figures de l’histoire de France et d’Europe s’alignent ainsi devant les visiteurs, dans un état de conservation exceptionnel.

Dans le même esprit, comment ne pas songer au château de Gizeux et àson admirable Galerie des Châteaux, datant, elle aussi, du XVIIe siècle ? Au cœur du Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine, Gizeux possède en son sein un bien aussi précieux qu’unique. Dans une galerie spécialement dédiée, une superbe série de peintures murales des plus grands châteaux royaux s’offre à la contemplation des visiteurs. Chambord, Vincennes, Fontainebleau, Versailles… qu’accompagnent d’autres scènes aux thèmes bucoliques.

Le majestueux et fier château du Plessis-Bourré possède quant à lui une incroyable curiosité: son plafond alchimique. La bâtisse était la demeure de Jean Bourré, un fidèle ministre de Louis XI attiré par les sciences occultes. Au plafond de la salle des gardes est peint un étrange décor habité de symboles mystérieux et de créatures fantastiques.

4. Certains ont joué un rôle stratégique durant la seconde guerre mondiale

Saviez-vous que les châteaux de Chambord, Cheverny et Valençay, entre autres, avaient servi d’abri à un grand nombre d’œuvres du Louvre et d’autres grands musées français durant la dernière guerre mondiale ?

Chambord a servi de principal centre de dépôt et de triage des chefs-d’œuvre nationaux. En 1939, pas moins de 5446 caisses remplies d’œuvres d’art, dont la Joconde, ont transité vers le célèbre château de Sologne. En dépit des dégâts causés par le crash d’un bombardier américain et d’un incendie, l’ensemble a été restitué intacte, préservé des pillages et des bombardements.

Cheverny a quant à lui accueilli dans ses dépendances d’autres précieux contenants en provenance du Louvre, des musées Camondo et de Cluny.

Valençay, grâce à sa localisation excentrée a pu notamment héberger la Victoire de Samothrace et les joyaux de la couronne de Napoléon Ier.

Le château de Chenonceau, hôpital militaire durant la première guerre mondiale, s’est illustré également durant la seconde. Le château, enjambant le Cher, avait la singularité d’être pile sur la ligne de démarcation. Avec la bienveillance des propriétaires, la famille Menier (grands industriels spécialisés dans le chocolat), nombre de Juifs, Résistants, prisonniers et réfugiés ont emprunté la galerie du rez-de-chaussée pour rejoindre la Zone Libre.

 Le château de Chenonceau
Le château de Chenonceau

5. Ils n’ont pas tous la même notoriété mais méritent le détour

En sortant des sentiers battus, vous aurez l’opportunité de découvrir des châteaux moins connus ou imposants, mais qui ont pourtant traversé les siècles avec bien des histoires à partager.  Assez fréquemment, il s’agit de monuments privés que les propriétaires ont à cœur de préserver et de valoriser.

Le château du Rivau, du côté de Chinon, est une forteresse du Moyen-Âge posée au pied de 15 jardins de contes de fées. Il dispose de tous les atouts pour séduire les amoureux d’Histoire, d’art et de nature. Le médiéval et le contemporain s’y côtoient en parfaite harmonie dans un parcours de visite onirique. Dans les jardins classés remarquables, des sculptures aussi monumentales que facétieuses amusent et surprennent les promeneurs.

Le château de Meung-sur-Loire, ancienne demeure des évêques d’Orléans, possède un surnom : « le château aux deux visages ». Sa majestueuse façade médiévale s’impose au visiteur dès l’entrée. De l’autre côté de la bâtisse, c’est une façade rose d’architecture classique qui s’offre à la vue. Plus de 25 pièces meublées nous content la vie d’autrefois. Jeanne d’Arc, Louis XI, François Ier : tous se sont arrêtés au château de Meung-sur-Loire. Pourquoi pas vous ?

On dit de Château Gaillard qu’il est « le plus italien des châteaux de la Loire ». Saviez-vous qu’au cœur de la ville d’Amboise, déjà renommée pour son château royal et le Clos-Lucé, se cachait comme un secret trop longtemps gardé, le berceau de la Renaissance française ? Ce domaine royal fut créé sous l’impulsion de Charles VIII, revenu d’Italie subjugué par l’élégance de ses palais et jardins. Pour recréer ce « paradis terrestre » il fit appel à Dom Pacello de Mercogliano, plus grand jardinier d’Europe. Magnifiquement restauré depuis 2012, Château Gaillard se (re)découvre comme un privilège.

 Château Gaillard
Château Gaillard

L’artiste Francis Blanche a dit un jour avec humour « Pour le week-end, nous avons voulu faire les châteaux de la Loire. Malheureusement, ils étaient déjà faits ».

Rassurez-vous, rien ne vous empêche de « faire » et « refaire » les châteaux de la Loire. Une chose est sûre : il vous faudra plus d’un week-end ! Leurs parcs et jardins sont agréables à parcourir en toutes saisons. Pour un peu de magie supplémentaire, pensez à la période des fêtes de fin d’année. Aux environs de Noël et du Jour de l’An, la plupart des châteaux de la Loire se parent de leurs plus beaux atours et proposent des scénographies féériques pour les petits et les grands.

Nous espérons avoir éveillé votre curiosité et vous avoir donné envie de découvrir par vous-même quelques-uns de ces monuments connus ou plus confidentiels du Val de Loire.

Avez-vous des préférences parmi les châteaux cités ? Une recommandation ou une anecdote à partager ? Dites-le-nous en commentaires !

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Par  Marie-Laurence MECKLER ,

De mes dix ans d’enseignement de la langue et de la culture françaises, j’ai gardé le goût de l’échange et de la transmission. Passée par Paris, Chicago et Nice, je suis aujourd’hui spécialisée en presse culturelle et en rédaction web. De retour dans mon Val de Loire natal, j’ai à cœur de valoriser son patrimoine sur les réseaux. Je suis une grande amoureuse des voyages, des vieilles pierres et des belles histoires.

1 Comment

  1. Brigitte Lavallette Répondre

    Bravo pour ce bel article qui donne envie d’approfondir nos connaissances de ces merveilleux chef d’oeuvre,j’en connaîs quelques un mais hélas pas tous. En fait cela nous montre qu’à l’heure des gratte ciel nous n’avons rien inventé,ils avaient moins de techiiques et ont fait des merveilles

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