La célèbre pièce de théâtre a été jouée pour la première fois en 1662. Sa légèreté et son ton grivois ont immédiatement fait scandale. Toujours représentée, lue et étudiée, L’École des femmes de Molière est maintenant un incontournable du théâtre classique.

L’École des femmes est une comédie légère et rythmée, où les quiproquos et les plaisanteries s’enchaînent à un rythme effréné. Mais cette insouciance apparente cache néanmoins une réflexion bien plus profonde qu’elle n’en a l’air, et témoigne d’un véritable engagement de Molière. Sans compter que derrière les farces parfois vulgaires se dresse un véritable chef-d’œuvre de style et de versification, qui témoigne de ce que le théâtre du XVIIe siècle, le « grand siècle », a pu produire de meilleur. Il est possible de voir une mise en scène de la pièce sur la chaîne Youtube de la Comédie Française.

Un mariage loupé

À une époque où le mariage d’amour est l’exception plutôt que la règle, et où la condition des femmes est particulièrement servile, L’École des femmes met en scène un mariage. Arnolphe, qui se fait appeler M. de la Souche, souhaite se marier. Problème : il est terrifié de voir sa réputation entachée par une infidélité de sa future épouse. Pour contourner le problème, il choisit une très jeune femme, Agnès, et prend soin de la cloitrer chez lui. Captive et sans éducation, loin du monde et de ses tentations, Agnès deviendra ainsi l’épouse idéale.

Mais voilà, un certain Horace a tout de même rencontré Agnès, et en est tombé amoureux. Sans savoir qu’Arnolphe se destine à l’épouser, il se confie à lui sur cet amour. Inquiet, Arnolphe tente d’empêcher les jeunes gens de se revoir. Mais le mal est fait : Agnès est, elle aussi, séduite, par son jeune prétendant.

Alors que le père d’Horace annonce à son fils qu’il lui destine la fille de l’un de ses amis, Arnolphe est soulagé de voir son concurrent se faire écarter. Horace, lui, est désespéré, jusqu’à ce qu’il apprenne – heureux hasard – que la fille en question n’est autre qu’Agnès.

Une farce grivoise

Si tout finit bien, c’est que cette pièce est avant tout une « farce », qui utilise les principaux ressorts de la comédie. Toute l’intrigue repose ainsi sur un quiproquo : Horace ne sait pas à qui il s’adresse quand il confie son amour pour Agnès à Arnolphe. Le dénouement, lui aussi, se fait par un habile retournement de situation : la fille promise par son père à Horace s’avère être celle dont il est amoureux.

S’ajoutent à ces ressorts théâtraux de nombreuses marques d’un humour grivois, parfois presque vulgaire – qui ont fait scandale à l’époque, et qui continuent d’amuser les spectateurs contemporains.

Mais au-delà de cette apparente légèreté, L’École des femmes est un véritable petit plaidoyer en faveur de l’amour et pour l’amélioration de la condition féminine.

Molière est l’un des maîtres de l’usage de l’humour pour dénoncer les travers de ses contemporains et de la société dans laquelle il vit

Molière
Molière

Si Molière choisit de laisser se marier Horace et Agnès, c’est ainsi pour défendre la cause des mariages d’amour – si rares à l’époque. De la même façon, une lecture attentive de la pièce permet de voir évoluer le personnage d’Agnès : de la jeune fille naïve qui accepte son sort, elle se change en femme déterminée à épouser celui qu’elle aime.

L’École des femmes est donc bien plus qu’un poussiéreux classique. Très présente dans les programmes scolaires, cette pièce continue d’amuser et d’intéresser les lecteurs et les spectateurs. Alors pourquoi ne pas partager cet article avec un lycéen ou un étudiant en lettres modernes ?

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Par Sophie Benard,

1 Comment

  1. MME LAVALLETTE BRIGITTE Répondre

    Toujours un regard corrosif sur la société environnante de vrais chef-d’oeuvre

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